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 - Is it even real...? [ PV : Shell ]

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Eilish O'Flurry


FINDABAIR ; Vampires aidant le clan findabair.
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Féminin Messages: 94
Entry date: 03/12/2011
Daydreaming in: My beautiful dress ! Hiiii~
Random words: I can't stop hearing your voice. You curse me. Even in my dream...

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MessageSujet: - Is it even real...? [ PV : Shell ]   Ven 9 Déc - 23:48

    Une silhouette se dessine très distinctement parmi la masse bouffeuse d’étudiants sobres sans originalité. Une robe parfaitement blanche, aux froufrous forts conséquents et le jupon bien bombé. Des nœuds à en revendre à un pauvre, des chaussettes blanches s’arrêtant aux mollets, des talons hauts avec des petits nœuds tout aussi blancs. Une longue chevelure d’un roux étrange mais qui se discerne encore plus, donnant d’autant plus de valeur à la pureté de sa robe. Dessus, une simple broche en forme de rose, blanche, servant de simple rappel. Des yeux d’une couleur extraordinaire… …C’était moi. Petit sac empli de multiples choses inutiles pour les autres, mais essentielles pour moi, tels ma trousse de maquillage, mon porte-monnaie, ma brosse, mon portable orné de straps en tous genre et puis, quelques bijoux pour finaliser le tout. Je me déplacés, ongles parfaitement limés, jambes à découvertes dans les escaliers. Voilà un an que je m’étais retrouvée ici. Et par ce que l’on appelle aujourd’hui : Destin, ou bien plus formellement : Hasard, je rencontrais une personne qui m’avait été confiée il y a de ça deux siècles. Un bébé qui était aujourd’hui devenu une magnifique jeune femme : Isabel. Et le plus grand des hasards fit que l’on s’entendit comme sœurs. On avait les mêmes goûts. Du moins, surtout dans ce qui touchait la mode, ce qui fit que l’on se retrouva ensuite dans le club de couture, ensemble. Comme quoi, le hasard fait bien les choses. J’étais censée la voir ce soir, afin que l’on mette au point notre nouvelle création ! Cela allait être grandioooose !

    Mais comme on dit : Avant l’effort, le réconfort ! …quoi ? Ce n’est pas ça ? Et bien voyez-vous, cela va aussi pour moi. Avant ou après vous me direz… Cela ne change pas beaucoup… je me déplaçais avec élégance, comme d’habitude, on zieutait mon corps ainsi que mes vêtements assez extravagants. Mais cela ne me gênait pas. Au contraire. Je portais cela parce que je le voulais et que j’aimais également être regardée. Les gros pulls et jeans n’étaient pas faits pour moi. Je suis une fille. Non. Une femme même. Je dois prendre soin de moi ! Et je ne vous direz pas le temps que je passe dans la salle de bain le matin. Il faut bien que je me lève une ou deux heures avant les autres, tout dépend en réalité quelle sera ma coupe du jour. Si je dois me les boucler, je dois certes prendre beaucoup plus de temps… Mais aujourd’hui, j’eus juste à m’occupe de ma peau, me maquiller faiblement et faire un choix intense dans mon dressing. Cela me prit environ une heure. Puisque je décidais de laisser mes cheveux lisses et détachés. Ils filaient dans mon dos, s’accommodant au rythme de mes pas. Mes talons claquaient, j’arrivais au hall immense. Je le traversais de ma marche modérée, souriant aux élèves que je connaissais, et même aux inconnus qui me souriaient. Oui. On me connaissait ici. D’ailleurs, j’eus vent que beaucoup d’élèves arrivaient ces temps-ci. Et même que bientôt, plusieurs personnes allaient occuper le reste de ma chambre qui était complètement vide, si l’on ne me comptait pas à l’intérieur. Cela ne me ferait aucun mal je dois dire… ! Moi qui suit sociale, je dois bien vous avouer que le soir je m’ennuie assez…

    Plus je m’éloignais de la salle principale, plus les voix se mettaient en sourdine. Le calme régnait.
    Le lieu où je désirais me rendre aujourd’hui était la véranda. Tout simplement parce que j’avais envie de boire un bon thé noir au citron en regardant par la fenêtre, les étudiants s’orienter vers la forêt. Elle était légèrement en hauteur et bien reculée. Peu de personnes venaient ici. Allez savoir pourquoi. Et pourtant, cela restait de loin (après les magasins bien évidemment !) mon endroit préféré ! Retirée et insonorisée, elle était un endroit favorable pour tout amateur de lecture. Bien que ce n’était pas ma passion, j’aimais bien m’y rendre afin d’étudier quelques livres, tout en plongeant quelques biscuits dans mon thé. Ce qui était certain, c’était que je n’avais pas l’impression de perdre mon temps ici. C’était tellement fabuleux…

    Je refermais doucement la baie vitrée derrière-moi. J’inspirais un peu d’air pur, puis le relâchais peu après. Je me sentais vraiment bien ici. De plus, il n’y avait personne. Je me dirigeais immédiatement vers la bouilloire qui était mise à notre disposition, et versait dedans de l’eau. Je la fis ensuite bouillir. Je plongeais mon nez vers l’amour d’en dessous, où se trouvait une multitude de thé, et en sortit mon favori. Le thé noir. En attendant que l’eau boue, j’en profitais pour me couper une rondelle de citron, et je sortis ensuite une petite tasse en porcelaine que je m’étais achetée récemment. Je la rangeais à un endroit précis, la cachant pour que l’on ne me la pique pas. Non pas que cela me gênait qu’on me l’emprunte… mais… j’avais toujours peur que l’on me vole, ou bien que l’on me fissure, casse mes objets. Lorsque l’eau arriva à ébullition, j’éteignais la machine, puis me dirigeais vers la petite table en verre entourée de quatre chaises, puis j’y déposais ma tasse dont le fond était décoré de thé, et y versais à l’intérieur l’eau qui fumait. Je sortais de mon sac à main un sucre puis une petite boîte de biscuits belges : les spéculos. C’était l’un de mes points faibles. Avec du thé… c’était délicieux !

    Je m’assis ensuite sur l’une des chaises, prenant le soin de bien dégagée ma robe afin de ne point la froisser, puis je commençais à siroter mon thé, l’air pensive. En réalité, je pensais à tout et rien à la fois. D’habitude, lorsque j’étais entourée, j’avais pris l’habitude de voir le bon côté des choses, oublier toutes les choses tristes, qui m’irritaient. Mais bien souvent, lorsque je me retrouvais seule, mes sentiments éclataient. Je prenais tout sur moi. J’étais affreusement honnête avec les autres. Mais avec moi-même, c’était tellement plus dur. Je déposais la tasse en porcelaine sur la table. Me massant doucement le front, pensant au passé, qui ne cessait de me poursuivre. Shelley… Aujourd’hui encore, j’entends ta voix dans mes songes, en fermant les yeux, je vois ton visage. Quand vas-tu te décider à me lâcher au juste ? Tu n’es plus là. Je dois me faire une raison. Cela va bientôt faire trois siècles que tu m’as quittée. Que tu m’as laissée seule… j’ai réellement pensée à m’enfoncer un pieu en ton absence. Mais pour toi, j’ai continué de vivre. Bien que l’amour n’ait pas refait surface. Que de banales attirances face à ce que j’ai ressentis pour toi… je n’ai plus de cœur. Tu l’as emporté avec toi le jour où tu as repris la mer. Le jour où nous nous sommes définitivement séparées. J’ai tenté milles fois de brûler tes lettres, en vain. Mes mains se bloquaient à contre cœur, je tremblais, puis mes larmes coulaient.
    Je sentais d’ailleurs ces dernières me monter aux yeux. Je frappais violemment mes paumes contre la table, afin de me réveiller. Me croyant totalement seule, je bafouillais…

    « Voyons. Ne sois pas ridicule et reprends-toi ! »

    Je soufflais doucement, entre l’agonie et l’ironie. Dur dur de sourire. Lorsque le passé nous rattrape, n’est-ce pas ? Je remis rapidement mes cheveux en place, essayant de me changer les idées en pensant au proviseur. Il était bel homme, et maintenant que j’avais dix-huit ans, c’était peut-être le moment de lui faire des avances ! …Comment ça, ça ne se fait pas ? Mais voyons, il n’a que vingt-quatre ans ! Vous n’allez pas me dire qu’il est trop vieux pour moi ! Et puis… si ça peut me permettre d’oublier ! …Certes, je n’y arriverais certainement jamais. Mais bon, autant se persuader de quelque chose de faux, plutôt que de se morfondre sur des idées macabres.

    C’est alors que j’entendis des pas se rapprocher de la baie vitrée. Du moins, plongée dans mes pensées, j’en prenais réellement compte lorsque cette personne ouvrit la porte. Je tournais doucement la tête, comme déçue par l’interruption qui venait de me… couper dans ma discussion avec moi-même, j’ai envie de dire.

    Mes yeux se posèrent tout d’abord sur son corps pour finalement se reposer sur le visage de l’élément perturbateur qui… …hein ? Je clignais des yeux, béate. Choquée. Cette personne ressemblait à Shelley. Comme deux gouttes d’eau. Je me levais immédiatement de ma chaise, et me reculais doucement, plongeant mes mains dans mon visage.

    « Je… je rêve. Ce n’est qu’un rêve. C’est encore une hallucination… ! » Je fermais fermement mes paupières. « Pourquoi est-ce que tu me poursuis… ? »

    Mes larmes sortirent seules de mes yeux. C’en était trop. Ces hallucinations allaient réellement me mener à ma perte, me rendre folle dingue. J’avais maintenant peur d’ouvrir les yeux. Peur de devoir à nouveau me confronter à une fausse image. Mais également de devoir la perdre à nouveau à cause de mon cerveau, qui ne pouvait que prendre le soin de n’imaginer qu’elle. C’est alors que je retirais petit à petit mes doigts mouillés, afin de regarder à nouveau cette personne, qui n’avait pas changer d’un poil. Toujours le même physique que j’avais depuis si longtemps désiré, les traits aussi magnifiques qu’ils me donnaient encore plus envie de pleurer. De ma voix tremblante, je demandais…


    « Sh…Shelley… ? C’est toi… ? »

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Shell C. Tracy


immortels ; empoisonnés par un simple liquide.
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MessageSujet: Re: - Is it even real...? [ PV : Shell ]   Sam 10 Déc - 1:09

    Aujourd’hui était un grand jour, je rentrais à l’école. Cela peut paraître naïf, dit comme cela, mais c’était bien la première fois que j’entrais dans un établissement à but scolaire. J’allais connaître ce qu’est une vie d’étudiante comme les autres, et j’allais aussi faire connaissance de quelques personnes, qui se pensent comme moi. Sourire aux lèvres, j’avançais avec mes valises dans le hall de ladite académie, cherchant désespérément quelqu’un pour me guider. Après quelques minutes à tourner en rond, j’eus finalement trouvé une remarquable personne pour faire ce petit boulot. Une demoiselle a la silhouette élancée, charmante, au visage lumineux. Elle me confia son prénom après quelques instants, elle s’appelait Isabel. Je me présentais de même, avec un visage chaleureux, afin de communiquer la joie m’envahissant peu à peu. J’étais heureuse, en quelques sortes, d’encore tourner une page de ma vie pour en commencer une nouvelle. Ici, je ne devais avoir que dix-neuf ans, et non pas neuf cent et quelques années ! Et cette fois-ci, il faudrait que je tienne ma langue, et évite de passer pour une demeurée. Certes, j’ai fait un paquet de Guerre, j’ai plus d’expérience que les autres, je parle plus de langues, bref, je suis en quelques sortes : plus cultivé. Mais maintenant Shelley, pas besoin de le partager à chaque inconnu que tu croises. Le Moyen-âge est terminé, les conséquences étaient moins graves, avant. Maintenant, les mentalités ont changées. Les jeunes adultes, et adolescents sont cruels entre eux. Je risquerais de me faire « la risée ». D’autant plus que je ne connais personne… Il faut tout de même rester soi-même.

    Même si je reste moi-même, il y a d’énooorme chance pour que beaucoup me prenne pour une folle. Mon caractère étant quelques peu spécial depuis toujours. Mais qu’importe, je continuais à sourire à la jeune fille qui me parlait de cette école, comme si elle la connaissait par cœur. J’acquiesçais ce qu’elle disait d’un geste furtif de la tête. Elle me menait à une sorte de « vie scolaire », où une vieille dame me tendit les clefs de ma chambre, avec un porte clef. J’étais apparemment dans la chambre… huit ! Où une seule personne demeurait à l’intérieur jusqu’à présent. Nous montions l’escalier, faute que les ascenseurs soient tous en travaux, puis nous parlions de tout, de rien. La conversation prit vite un non-sens, puisque nous étions dans des discussions particulièrement enfantines, où nous évoquions nos goûts, notre pays préféré, et ce genre de babiole. Je me connaissais sociable, et c’était avec plaisir que je voyais, que j’avais fait preuve de courtoisie dès ma première rencontre : chose quelques fois rares. Mais bizarrement, je sentais que quelque chose me raccrochais à cette Isabel, et c’est avec joie qu’elle me confia, que l’on pourrait se revoir lorsque je le souhaitais. Avec un peu de chance, nous avions pensé à une éventuelle possibilité de même classe. Elle me laissa avec un simple au revoir de la main, devant le pas de ma porte. De mon nouveau « chez moi » que je devais partager avec un fameux colocataire.

    J’entrais, pointant le bout de mon nez, un coup d’œil à droite, un autre à gauche… Personne. Je me mis à vérifier ca pour de bon en élevant un peu la voix et disant le traditionnel : « Il y a quelqu’un ? » Mais aucune réponse ne vint à moi, et c’est avec quelque part un soulagement que je me retrouvais complètement seule. Et isolée. J’aimais bien cette sensation, surtout dans ce genre de contexte ou j’étais totalement nouvelle. Cela me laissait le temps de prendre mes marques, et de ne pas être déstabilisée par une quelconque présence. J’observais la chambre, posant mes affaires sur un lit n’étant pas prit. Je rangeais mes habits dans la commode qu’il m’était attribué, repliant certains tee-shirts et pantalons froissés… Je prenais mon temps à ce que tout soit assez bien ranger. Je déposais sur ma petite table de nuit quelques bijoux, ainsi qu’une photo de mon petit Cody à présent défunt. Je filais en vitesse vers la salle de bain, et visitais quelque peu les lieux. Par la suite, je saisissais l’occasion pour changer mes habits portés, afin d’être un peu plus présentable. Mon jean était déchiré, petit accrochage de ma part durant le trajet…

    Je pris donc une chemise blanche immaculé, et enfila par-dessus un gilet bleu marine. Je pris la peine de retroussé les manches, et de les boutonner à la perfection. Je ne voulais pas que le tissue me gêne, ou empiète trop sur mes mains que j’avais l’habitude de beaucoup utilisé. Il fallait par la même occasion, que je fasse horriblement attention à mes affaires. J’enchaînais mon habillage avec un jean relativement moulant. Il faut dire que j’en avais quelques-uns des comme ca. Il se faisait de moins en moins rare de me voir avec des habits… Qui m’allaient réellement ! Je faisais pourtant, aucunement attention à la taille. C’était juste de la chance, voilà tout. Je laçais mes chaussures, oh mes bels Doc Martens ! (♥ !) Blanches, brillantes, au bout et lacets noir. J’attachais mes cheveux à la va vite, recoiffant ma frange, puis enfilais une casquette au hasard. Je me dirigeais vers la sortie de la chambre, pour aller… pour aller…

    Pour aller où… ? J’avais oublié de demander son numéro à Isabel, elle aurait put me montrer l’intégralité des lieux… Soupirant, me voilà à nouveau livré à moi-même. Bon, j’ai réussi à me guider dans n’importe quel pays, sans carte, juste à l’instinct. Alors là, je vais y arriver aussi ! Du moins, se déplacer en intérieur ou en extérieur, ne révélait pas être la même limonade chez moi. Dehors, je m’orientais grâce au ciel, soleil, étoiles, mais là… C’était à nouveau au petit bonheur la chance. Comme pour la taille de mes habits. Et Dieu connait ma patience. Oh oui, il l’a connait. Il sait, lui-même, que si je me perds et ne retrouve pas mon chemin : cela va beaucoup m’énerver. Enfin, bref, tant pis, je trouverais forcément des gens dans les couloirs. Cette académie n’est pas vide. Du moins, je l’espère.

    Je descendais les vieux escaliers, sortant mon téléphone de ma poche, scrutant mon réseau qui avait du mal à s’y faire, et l’heure par la même occasion. Il était tôt. Et j’avais bien fait de voyager de nuit, même si ce n’était qu’en auto-car. Et puis, c’était moins cher. Je me retrouvais à nouveau dans le hall, désertique. Mes pas résonnaient dans ce dernier, et l’endroit où j’avais prit mes clefs étaient maintenant fermé. La poisse. Me voilà, le visage perdu, à regarder le plafond et les luminaires de cristaux. Je n’allais tout de même pas attendre le déluge. Quoi que, je l’ai déjà eut une fois, il m’a suffit. Plusieurs chemins étaient à ma disposition, et… ploum ploum ! Ce sera toi au bout de trois… un… deux… trois ! A tribord toute. Je marchais donc vers le couloir droit, et prit plusieurs escaliers. Je montais, descendais, bref : je ne comprenais plus rien de ce que je fabriquais. Un labyrinthe vous dis-je. Finalement, je me retrouvais, par la pure opération du saint esprit : dehors. Je me demande bien comment j’ai fait, mais qu’importe, je préfère être dehors que perdue à l’intérieur. En plus, je n’ai vraiment croisé personne. C’est flippant !

    Bref, j’étais dans un coin verdâtre, plaisant pour mes grands yeux. Je tournais autour de moi-même, jusqu’à remarquer à quelques mètres, une véranda, à l’intérieur particulièrement vide, et épuré. Une seule personne résidait à l’intérieur. Je tentais ma chance, et avançais vers l’endroit qui avait tant attiré mes yeux. Au plus je m’approchais, au plus je distinguais le style de personne qu’était la jeune fille. Même si je ne la percevais que de dos, sa chevelure était longue, et entretenue. Ce genre de chose que je me sens incapable de faire avec mes propres cheveux ! La demoiselle portait une robe, aussi blanche que ma chemise. Une sorte de fille à papa, je dois dire. Enfin, vous voyez, elle buvait du thé. Même si j’adore ca, son style faisait parfaitement bourgeois. Non pas que cela me déplaise, ce n’était peut-être qu’un simple cliché que je faisais là. Visage particulièrement neutre (normal, je me suis perdu pendant trois quart d’heure, comment voulez-vous que je me mette à sourire maintenant ?), je poussais d’une main la baie vitrée. Un courant d’air se faufila quelques instants, avant que je ne referme de ce même membre la vitre. Le silence était presque gênant. Je rajustais ma casquette, pendant que ladite personne tournait son visage vers moi. Et là…

    Mes yeux s’ouvrirent du plus grand qu’ils pouvaient. En un mot, nous pourrions décrire ca comme : un choc.

    La personne se trouvant en face de moi était une sorte de… clone. Clone d’Eilish. Les souvenirs me montaient à la tête comme une violente marée, tout cela me donnait soudainement mal au crâne. Je me mis à douter. Peut-être n’étais-ce que ma conscience, et mes désirs qui se jouaient de moi. Il faut dire que depuis que j’ai gagné définitivement l’Irlande pour y rester, c'est-à-dire depuis l’après deuxième guerre mondiale, je n’aie pas cessé une seule seconde de penser à elle. Evidemment… Puisque c’était son pays natal. Puis, comment vouliez-vous que je l’oublie ? Comment oublier neuf ans de votre vie, même si vous en avez vécue des centaines d’autres après ? Mes paupières venaient se reposer sur mes yeux, une courte, et ultime seconde, avant qu’Ei… La jeune fille ne se lève de sa chaise. Regard, amplement plus perturbée que mien. Bien que je l’étais intérieurement, d’une manière indescriptible.

    « Je… je rêve. Ce n’est qu’un rêve. C’est encore une hallucination… ! Pourquoi est-ce que tu me poursuis… ? »

    Je restais muette. Contemplant ses larmes glisser sur ses joues. Elle les essuyait de ses doigts pâles, et je restais, idiote devant cette image terriblement blessante. Je ne pouvais pas me fier qu’au physique. Nous sommes à des siècles de ce qu’il s’est passé. Cela est tout à fait possible qu’Eilish est… une sorte de clone dans le futur ? Je ne sais pas, mais, j’étais mitigé. Tout simplement car je ne pouvais pas croire à ce genre de retrouvailles. Si soudaine. Je venais pile dans une école, et comme par hasard, mon ancien amour s’y trouve aussi ? Non, c’est du délire. Bouche entre-ouverte, regard difficile à examiner pour mon interlocutrice, je n’en restais pas moins complètement chamboulée. Elle me demanda finalement, d’une voix frêle, sur laquelle mes oreilles se penchaient… Cette fille avait aussi la même voix qu’Eilish. Dites-moi juste que je deviens folle. Tout s’expliquera.

    « Sh…Shelley… ? C’est toi… ? »
    « Attends, tu connais mon prénom ? »

    Rétorquais-je sans réfléchir. Shelley… Ce prénom, je l’avais rayé, justement après la mort de Jack. A partir de cette époque, je ne me faisais appeler seulement par « Shell ». Et rien d’autre. Ou bien, « Coleen », « Tracy », les classiques. Mais plus jamais, jamais, depuis ces fichues années 1600, quelqu’un ne m’avait appelé Shelley.

    « C’est pas vrai… Dis-moi juste que… »

    Je m’approchais d’elle, doucement, la regardant intensément de mon regard illuminé d’un sentiment effarer, ébahit, et j’en passe.

    « Tu n’es PAS Eilish. N’est-ce pas ? » Je pris une légère pause, posant ma main sur mon front, fermant mes paupières, me parlant à moi-même via quelques chuchotis. Qu’elle devait avoir malheureusement entendu. « Mon cerveau doit commencer à déconner… Après toutes ces années intenses, il doit halluciner maintenant. »
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Eilish O'Flurry


FINDABAIR ; Vampires aidant le clan findabair.
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MessageSujet: Re: - Is it even real...? [ PV : Shell ]   Sam 10 Déc - 18:09

    Je ne savais pas vraiment où j’étais. Ni même où j’en étais. C’était pourtant une journée comme les autres. Où tristesse se mêlait souvent au bonheur ébahi par ses proches. Où les pleurs se font parmi tant d’autres. Où l’on en a certainement plus que marre de pleurer pour des éléments du passé, qui ne reviendront jamais. On me l’avait dit maintes fois. « Oublies-la. Raye-la définitivement de ta vie. » Mon père me l’avait dit aussi. Je faisais comme si je l’avais écouté, mais je ne pouvais vraisemblablement pas l’obéir cette fois. En réalité, je ne pense même pas que je le voulais. Car ces neuf années en sa compagnie furent les plus belles de toute mon existence. Existence qui ne s’éteindra certainement jamais. Je suis donc vouée à la garder dans ma mémoire et mon cœur pour l’éternité ? De mourir seule, de recaler tout le monde ou bien de me penser amoureuse ? Cela me semble absurde. Je ne supporte plus ces mensonges, et pourtant, je m’enfouis dans ces derniers. Souriant pour un oui ou un simple non, sans véritablement avoir de raison. Ce qui était pratique, c’est qu’on ne voyait aucun chagrin sur mon visage, lorsque je souriais. Il est tellement facile de nos jours de tromper les gens… ils sont tous de pauvres imbéciles qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez ! Enfin… je dis ça, je ne devrais peut-être pas trop en dire, car je fais certainement parti d’eux. Car après tout… ne suis-je pas actuellement en train de faire un caprice ? Ne voudrais-je pas faire comme Orphée et descendre aux Enfers afin d’y récupérer Shell ? J’aimerais tellement… tellement ! Si seulement on m’y laissait la chance ! Cependant, il serait juste de faire la distinction entre les rêves et la réalité : On ne peut ranimer les morts. La vie est sacrée, la mort tout autant. Si l’on n’était pas immortel ou vampire, on pourrait presque croire que la mort fait partir du cycle de la vie de n’importe quel être. Ce qui est affreusement triste. C’est pour cela qu’il ne faut pas que je m’attache à un humain. Je ne l’ai jamais fait. Et ne le ferait jamais. Du moins… Shelley c’était autre chose. Ce n’était pas de l’attachement… c’était bien plus pire que ça.

    Des lettres indescriptibles se dessinaient sur mon visage. Mon cœur était en morceaux. Affalée intérieurement sur la chaise, dans une véranda voisine à l’académie, je me perdais totalement, me déconnectant même de la réalité. J’étais bel et bien inconsciente. On aurait pût me tuer ainsi, je n’aurais rien compris, et n’aurais même pas pris le temps de comprendre. A trop me poser de questions aux réponses déjà évidentes, je commençais à également perdre le reste de ma raison. Je me demande ce que les gens retiendraient de moi, s’il s’avérait que je meurs d’une manière soudaine. Se souviendraient-ils de mon sourire ? Ma joie constante de vivre ? Toutes ces facettes contraires à ma personnalité ? Je ne sais pas. Je pense que les seules personnes qui seraient véritablement chamboulés par ma perte, ce serait mes deux parents.
    De ma cuillère en argent, je dilatais délicatement le thé. Je regardais le sucre fondre. J’étais comme obnubilé par cette réaction. La chaleur fait fondre, hein ? C’est marrant. Car c’est tout le contraire de ce que je pense. Je dois marcher à l’envers. Et puis, de toutes manières, il m’arrive d’être contradictoire. Ou même lunatique. D’aimer quelque chose aujourd’hui, puis le lendemain le détester. Il était ainsi difficile de me plaire, d’où le fait que… jamais je ne m’étais engagée dans une véritable relation par moi-même, si l’on ne compte pas celle vécue aux côtés de Shelley. Je sirotais calmement mon thé, tout en enfonçant avec ma cuillère en argent, le citron au fond de ma tasse afin d’en relever le goût. J’aimais beaucoup le citron. Dans les salades, le fruit lui-même, sur du poisson… Pleins de recettes qui font parfois mon bonheur. Mais malheureusement, je ne suis pas un as en cuisine, contre mon gré, je sais à peine faire cuire deux œufs. Comme quoi, je ne dois certainement pas être une femme au foyer comme les autres. Bien que ce ne soit pas mon but pour plus tard… Hein ? Non. J’aime les enfants, ne pensez pas le contraire. C’est juste que j’ai d’autres projets d’avenirs. Et puis… j’ai tout le temps devant moi après tout.

    Le silence m’enfermait dans ses bras recourant d’inutilités anodines. Je croquais dans quelques spéculos belges que mon père m’avait envoyés accompagnés d’une lettre où il me félicitait pour la réussite de ma première année. Mais les cours étaient beaucoup trop simples pour moi. J’avais l’habitude et depuis cinq siècles, en savait certainement plus que n’importe quel humain, qui se tue à la tâche. Ainsi, je ne ferais pas grand-chose de mes journées si le club de couture n’était pas là… je passe le plus clair de mon temps là-bas, ou alors, je sors faire les magasins. Acheter est pour moi une obsession. Même avec des milliers de vêtements, je ne trouverais jamais quoi me mettre, ou bien que je n’aie pas assez de vêtements. Ce qui pourrait désespérer beaucoup de monde, je conçois. Je trempais l’air rêveur mes biscuits, ils fondaient même parfois dans mon thé, lorsque je les oubliais, je les récupérais ainsi à la petite cuillère tout en boudant un petit peu contre moi-même.

    Pendant mes pensées à l’égard de Shelley, j’entendis d’une oreille sourde la baie vitrée s’ouvrir, et des pas se rapprocher de moi. Je tournais doucement la tête, comme si rien ne m’intéressait en ce jour. Mes orbes indescriptibles se tournèrent vers le troubadour qui était venu interrompre ma petite discussion avec moi-même, mais aussi le magnifique silence qui m’entourait jusque là. Mais suite à cette entrée, mon visage reprit une teinte éclairée, micro-sourire aux lèvres. Je détestais apparaître faible face à n’importe qui. C’était certes ce que je voulais : Que tout le monde me voit comme heureuse. Petite fille qui illumine la journée des autres. Mais je crains qu’aujourd’hui, j’étais complètement brisée, et le spectacle qui m’attendait allait certainement être de trop.

    La silhouette qui venait d’entrer s’apparentait à celle de Shelley. C’était même son double. Chose que j’avais beaucoup de mal à concevoir. Tellement que je me levais sous un coup de tête de ma chaise, le cœur battant. Je SAIS que je n’arrivais pas à l’oublier, mais… ce n’était pas une raison pour que mon cerveau remplace une personne par Shelley ! Je ne comprenais plus rien. Je plongeais mon visage dans mes mains, afin de me cacher de ces horribles visions qui avaient le don de me détruire tant elles étaient fausses.

    « Je… je rêve. Ce n’est qu’un rêve. C’est encore une hallucination… ! Pourquoi est-ce que tu me poursuis… ? »

    J’avais presque envie de crier que j’en avais assez ! Assez souffert ! Assez de tout ça ! Les lavages de cerveau, ça n’existe pas ?! Des larmes s’étaient autorisées à sortir de mes yeux, inondant mes petites mains. Je pleurais silencieusement, essayant de me contenir du mieux que je pouvais. Mais… c’était tellement dur. Dur de ne point se rabaisser sous nos fantasmes les plus chers, nos vœux qui ne sont qu’irréalisables. Ce n’était certes, pas digne des vampires de pleurer à s’en arracher le cœur. Je m’étais longtemps mutilée en vain, tout se cicatrisait, puis disparaissait. Cela aurait presque put être entreprit comme jeu. Un jeu où notre vie ne peut point être mise en jeu. Du moins, la mienne en tous les cas. J’aurais presque désirée être humaine, juste pour mourir et la rejoindre. Mais… était-ce le destin ? Prenais-je réellement mes rêves pour la réalité ? Je retirais doucement mes dois de mes yeux, déclinant mes dernières larmes, observant une nouvelle fois la personne qui se trouvait en face de moi, qui ressemblait énormément à Shelley, et dont l’apparence n’avait pas bougé d’un pouce. Je gloussais quelques secondes, avant de finalement oser lui demander, de ma voix tremblante de peur de ne pas avoir de réponse, ou bien quelque chose de négatif, ou même positif. Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre il faut dire…

    « Sh…Shelley… ? C’est toi… ? »
    « Attends, tu connais mon prénom ? »

    La journée de l’étrange, épisode deux. La voix me répondit par une nouvelle question qui voulait tout dire. C’était. Elle. C’était SHELLEY. Mon cœur venait de s’emplir d’un sentiment incompréhensible, voguant entre la tristesse illuminée d’un bonheur indescriptible. Il battait à vive allure comme il avait oublié de faire depuis le temps. Il avait tant attendu la personne qui allait lui rendre ce sentiment inconcevable. Je ne savais plus où donner de la tête, tant mon sourire s’abaissait pour devenir de plus en plus grand. Il jouait aux montagnes russes. Mes larmes me remontaient aux yeux. C’était vraiment mauvais. Mauvais présage. Quand vais-je enfin arrêter d’être frêle… ?

    « Je… je… » Gloussais-je faiblement.
    « C’est pas vrai… Dis-moi juste que… »

    Elle se ramena près de moi m’examinant un peu plus. Je comprenais que trop sa situation. Elle devait être tout autant effarée que moi, et ça se voyait. Ses yeux magnifiquement colorés, son corps que j’avais tant attendu, son visage qui m’avait tellement manqué… au plus elle s’approchait de moi, au plus je sentais que mon cœur allait à son tour lâcher, et que j’allais me retrouver genoux à terre, ou bien tout simplement tomber dans les pommes. Elle me demanda à son tour, comme si elle n’avait pas compris, d’après mon physique, et le fait que je connaisse son prénom…

    « Tu n’es PAS Eilish. N’est-ce pas ? »

    Comme elle l’avait toujours fait, elle apporta sa main à son front, chuchotant des paroles pas bien discrètes.

    « Mon cerveau doit commencer à déconner… Après toutes ces années intenses, il doit halluciner maintenant. »
    « Sh…Shelley… ! » répondis-je immédiatement.

    Comme si je ne pouvais plus défaire ce prénom de ma bouche, je souriais niaisement face à ce bonheur qui ne pouvait qu’être réel. Elle connaissait mon prénom. Je connaissais le sien. Nous avions un physique similaire. Nous étions nous, et nous n’avions pas bouger d’un pouce… je reniais mes larmes, tout en lui répondant d’une manière enthousiaste, quoi qu’à la fois complètement perdue.

    « Si…si ! C’est moi ! Shelley… ! C’est moi Eilish ! »

    Complètement dépourvue de n’importe quelle émotion, je m’élançais suite à cette phrase contre elle. La serrant comme je l’avais toujours fait, les mains tremblantes à cause de ce choc. Je reniflais doucement afin de me forcer de ne plus pleurer. Puis, je défais quelques secondes plus tard l’étreinte afin de la frapper de ma force inexistante, restant tout de même contre elle.

    « I…idiote ! Idiote ! Idiote ! Tu… tu ne m’as même pas fait un signe de vie ! R…rien ! » je continuais de la frapper faiblement. « Je… j’ai tellement souffert ! Souffert de ne point t’avoir oubliée !... »

    Je m’arrêtais petit à petit. Mes larmes coulaient telle une cascade. Comme si toutes les années d’expression s’évadaient en ce jour.


    « …t…tu… tu m’as tellement manquée… »
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Shell C. Tracy


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MessageSujet: Re: - Is it even real...? [ PV : Shell ]   Jeu 15 Déc - 18:12

    Je marchais dans ce nouveau lieu, parcourant les escaliers et couloirs de l’académie en silence. Personne n’était là, je dis bien : personne. Je tournais à gauche, à droite, puis continuais tout droit. Même un labyrinthe m’aurait parut moins élaboré que cet établissement, que je jugeais de véritable casse-tête pour mon sens de l’orientation, autrefois utile. Je levais la tête machinalement, comme si le soleil pouvait me guider dans mes pas : mais non, voilà le plafond, Shelley. Désespérée, je sentais pertinemment que j’allais finalement tomber dans un recoin de l’école, que personne ne connaissait. Mais au final, après une centaine d’escaliers, je me retrouvais dehors. Dans un espace verdoyant, et humide à la fois. Je respirais un grand coup, fermant les yeux… J’humais l’odeur forte des arbres et plantes autour de moi, quelque chose de simple, que j’appréciais, bien que la nature n’était pas ma passion. Je zieutais autour de moi, voyant quelques élèves se balader. Une salle attira directement mon attention : une véranda. Epurée par sa couleur blanchâtre, je n’y voyais pas grand monde, mis à part une demoiselle, vêtue d’une robe, et d’une chevelure particulièrement longue. Je remettais en place mon gilet, et défroissa de quelques gestes ma chemise, afin de ne pas faire mauvaise impression. Ma main fit glisser la vitre, et j’entrais à l’intérieur, me tournant pour refermer cette dernière après un grand courant d’air qui me fit frissonner. J’allais adresser un sourire à mon interlocutrice, avant que nos regards ne se rencontrent brièvement. Quelques secondes avaient suffit pour que nous percutions ensemble, cette ressemblance frappante. Le choc avait été si intense, que je reculais légèrement, d’un pas ou deux, cognant mon dos à la baie vitrée, avant d’à nouveau m’approcher. La fille en face de moi, elle, avait l’air plus bouleversée. Voir révoltée par mon apparence si frappante avec quelqu’un qu’elle connaissait. Je n’osais pas regarder la vérité « en face », et mes yeux se dispersèrent sur le reste de son corps. Mince, frêle, vêtue d’une robe détaillé, et de ses cheveux, brillants et soyeux, descendant jusqu’à sa taille. Même jusqu’ici, tout était pareil. Tout était similaire. Il n’y avait donc pas que le visage.

    Elle se levait violemment de son siège, apportant ses mains à l’endroit que j’hésitais à bel et bien regarder. J’étais figée, voir pétrifiée, et je regardais la chose se faire. J’écoutais en silence les paroles de cette fille. Cette fille, qui ressemblait au plus haut point à Eilish. Elle criait l’hallucination, elle disait, d’une voix qui pinçait mon cœur : « Pourquoi est-ce que tu me poursuis ? ». Elle pleurait. En quelques instants, ma situation venait de changer. Je passais de quelqu’un d’absolument confiante, à un véritable mal être. J’avais comme l’envie de revenir en arrière, et de ne pas me diriger vers cet endroit, qui pourtant m’attirait irrémédiablement. Mon visage impassible ne décrivait pas mon ressenti actuel. J’étais aussi perturbée qu’elle. Mais moi, les larmes, on me devait de me les arracher. Et rien d’autre. Silencieuse, j’attendais une nouvelle réaction… Pour le meilleur, ou bien le pire.

    « Sh…Shelley… ? C’est toi… ? »
    « Attends, tu connais mon prénom ? »

    Voilà ce que je ne voulais pas entendre : mon vrai prénom.
    Cela remontait à il y a quelques siècles, nous entamions gaiement les années 1600. Cette époque restera gravée, prenant une certaine partie de ma mémoire, la dévorant même jour et nuit. J’en oublierais presque certaines aventures que j’ai connues, rien que pour cette fille. C’est ridicule. En vérité : je suis ridicule. Je me fais pitié, d’être à ce point là, soumise au passé. Même si je ne l’évoquais pas tous les jours, et tout le temps dans mes paroles, elle restait tout de même accrochée à ma mémoire. Tout, et rien me faisais penser à elle. En neuf ans, nous avions vécue une multitude de choses, sur ces terres, et ce bateau. Je la couvrais de mes bras, je la protégeais à tout prix, et même si les disputes éclataient parfois violemment, je ne pouvais jamais m’empêcher de revenir en rampant vers elle. Jamais aucune excuse n’était sortie de ma bouche, et seuls mes yeux parlaient dans ce genre de moment tendu, que je détestais malgré moi. Eilish, avait apprit à me connaître, même si notre première rencontre n’était pas glorieuse : ma fierté « masculine » était apparut, et mon don pour humilier les gens était à son summum. Sa beauté m’avait frappée, j’avais rarement vue des demoiselles aussi belles, mis à part quand ces-dernières vendaient ouvertement leurs corps. J’en avais naïvement déduit de mon passé, qu’elle devait être une prostituée. Et je riais de mes bêtises, de manière orgueilleuse. Je l’avais même poussée du navire, alors qu’elle ne savait pas nager. J’aurais put la tuer. Je n’avais pas réalisé. Et maintenant ? Je la pensais défunte. J’en souffrais intérieurement, j’étais meurtri, alors que… que.

    « Tu n’es PAS Eilish. N’est-ce pas ? »

    J’espérais une réponse négative. Je priais pour que tout cela ne soit que cauchemar. Je croisais les doigts pour me réveiller. Et je ne désirais que me faire mal pour ainsi savoir si tout cela était vrai, ou bien le fruit de mon imagination. Mon intonation était montée d’un cran, comme si, mes émotions s’intensifiaient. J’emmenais ensuite, une de mes mains à mon visage, cachant la partie haute de ce dernier, baissant légèrement la tête, en chuchotant peu discrètement. Comme je savais si bien le faire.

    « Mon cerveau doit commencer à déconner… Après toutes ces années intenses, il doit halluciner maintenant. »
    « Sh…Shelley… ! »

    Shelley ? Non, je t’en supplie, ne m’appelle plus comme ca. Cela fait longtemps maintenant, que je ne veux plus que ce prénom existe. Depuis que j’ai vécue ce naufrage, j’ai décidé d’oublier, l’époque où j’étais Shelley. Et j’ai enlevé ses deux maudites lettres à la fin. Qu’est ce que ca m’a fait ? Ca m’a soulagé. J’espérais devenir quelqu’un d’autre, ainsi. Mais non. Bien au contraire, mes vieux fantômes sont d’avantage venue me hanter. Dont toi, Eilish. Surtout toi, je veux dire.

    « Si…si ! C’est moi ! Shelley… ! C’est moi Eilish ! »

    Je reculais de nouveau. Affrontant son regard, aussi perdu que le mien. Je ne savais pas quoi dire, ni même comment montrer mon étonnement, autrement que par ce geste idiot qu’est de reculer, comme si je voulais l’éviter comme la peste. Eilish était là ? Eilish… Eilish, était vivante ? Pourquoi dans cette école ? Ou j’arrive pile aujourd’hui, espérant encore une fois un nouveau départ, qui finalement n’en sera qu’un faux ? Je me posais des questions. Qui n’étaient peut-être pas essentiel de lancer dans ce genre de moment. De… retrouvailles ? Je n’arrivais tout bonnement pas à y croire. La première chose qui me tracassait était : comment est-elle arrivée ici ? En vie, et bonne santé ? Tremblante, je sentais son corps se jeter sur le mien. Et sa petite âme serrer la mienne. Les bras ballants, je restais tout bêtement immobile. Quelques secondes après ce geste d’affection, qui m’avait éternellement manqué, je sentis ses bras se défaire, me frappant d’une manière que je jugeais… comique. Je n’avais aucunement mal, mais, j’en déduisais avec un petit sourire, que ce n’était pas le but.

    « I…idiote ! Idiote ! Idiote ! Tu… tu ne m’as même pas fait un signe de vie ! R…rien ! » Elle continuait son geste. « Je… j’ai tellement souffert ! Souffert de ne point t’avoir oubliée !... »
    « Un signe de vie ? Toi non plus. » Je pris mon courage, et après une grande inspiration, je passais mes bras dans son dos, afin d’encore plus la rapprocher. « Tu crois peut-être, que neuf ans de ma vie s’envole comme ça, toi ? »

    Eilish cessait de me « frapper », et j’en profitais pour caresser son dos affectueusement, sentant ses larmes s’échapper de plus en plus de ses pupilles. Je la berçais doucement : un geste que j’avais perdu l’habitude de faire depuis Cody, et elle. Ce dernier était pourtant machinal, quand je les avais dans les bras. Cela m’avait en quelques sortes manquée. Emue, et à la fois chamboulée, je me battais à nouveau avec cette fichue boule, et pression qui prenait toute ma gorge.

    « …t…tu… tu m’as tellement manquée… »

    Je l’éloignais doucement de moi, me courbant pour avoir mon visage en face du sien. Mes yeux scrutaient ses pupilles, et sa peau blanche. J’étais hypnotisé par cette beauté qui m’avait tant manqué, tout comme son caractère, que je qualifiais d’explosif, et adorable à la fois. Un léger sourire prit en traitre mes lèvres, exprimant cette joie incommensurable.

    « Tu es toujours aussi jolie. »

    Je déposais un baiser sur son front, passant l’une de mes mains dans ses cheveux, encore quelque chose que je faisais fréquemment à son égard. Les images de nos adieux me revenaient en tête. J’agitais ma main, me penchant un maximum sur le bord du bateau. Je criais comme une hystérique que je suis, que je l’aimais. Je lui promettais des choses, dont je ne me rappelle actuellement presque plus, car ces « choses » étaient bien trop nombreuses. Et grâce à la distance qui se faisait petit à petit, Eilish n’a jamais put voir, mes yeux brillants de larmes. Les larmes les plus durs à contenir de toute ma vie. Le temps, n’arrangeait pas notre situation. Nuageux, pluvieux, cette ambiance, nous avait laissées un souvenir plutôt fade, et déchirant. Je n’avais aucunement envie de revivre cela. Je « brisais » nos retrouvailles de manière insouciante, posant une question qui pour moi était existentielle. Je me remis droite, gardant un précieux contact avec elle. Je descendais mes mains sur ses hanches, sans vraiment faire attention, puis posa avec un regard interloqué.

    « Mais… Qu’est ce que tu fiches ici ? » Après avoir réalisé notre « position » actuelle, je levais mes mains délicatement, prise de rougeurs. « Tu… es encore vivante ? Enfin, je veux dire, ca fait trois siècles et des poussières que l’on ne s’est pas vues. Tu peux m’expliquer ? Il y a un souci là, non ? »

    A moins qu’Eilish elle aussi n’ait but cette fichue potion, je restais sans voix sur le fait de la revoir. Encore sonnée par ses brutales retrouvailles, je la contemplais toujours avec un sentiment amoureux, qui m’oppressait la poitrine.

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MessageSujet: Re: - Is it even real...? [ PV : Shell ]   Ven 16 Déc - 14:20

    « Si…si ! C’est moi ! Shelley… ! C’est moi Eilish ! »

    Je me lançais à tue-tête dans des exclamations que je qualifiais aujourd’hui de pressée. Je mélangeais bonheur et tristesse immesurable. Je ne savais plus comment m’exprimer. Fallait-il que je continue à pleurer ? A balancer de l’eau sans même le désirer ? Sans même comprendre ? Tous mes sentiments remontaient immédiatement à la surface, rien que par la réponse positive à mon appel. Shelley. Ce prénom qui était presque devenu tabou, dont je m’évitais de parler, mais dont les pensées reflétaient ce manque de paroles constant. Mon bonheur qui avait été jusqu’à aujourd’hui, le plus superficiel qui soit. Hypocrite et sans valeur, mais dont beaucoup de personnes criaient les louanges. On me faisait la cour, me chantaient des airs affreux d’amour, que je me contentais de rejeter. Cela pouvait paraître débile, mais derrière mon attachement pour le physique d’autrui, la seule personne que je voulais inlassablement aimer, c’était Shelley. Et cela se voyait. Lorsque l’on était ensemble, sur la terre irlandaise, mes parents me souriaient, me disant qu’ils étaient heureux de me voir autant sourire. D’être moi-même heureuse. Ils n’étaient pas contre notre union. Bien au contraire, ils faisaient tout passer. Je dis bien tout pour mon bonheur. J’étais leur seul enfant, et ils me pomponnaient tout le temps, ma mère m’offrait des plus belles robes anciennes, que je raffolais. Nous avions le même gabarit, donc, il n’était pas rare que nous nous prêtions des habits. C’était comme cela que nous occupions longuement nos journées. Ma mère était belle. De beaux yeux que j’avais hérités d’elle, mais dont l’originalité ne pouvait qu’être plus belle. J’enviais ses pupilles. Son sourire charmeur, sa longue et belle chevelure. Lorsque nous nous promenions ensemble, combien de personnes durant notre marche ont constaté notre ressemblance parfaite ? Bon nombre, ça, je peux vous l’assurer. J’étais un peu sa version miniature, si on peut le voir comme ça.

    Je me souviens encore de ce jour. Nos adieux. Shelley se devait de rejoindre son équipage suite à la triste mort de notre bon vieux Jack. C’était un homme adorable et sa mort me désola. Mais des morts… j’en avais vus et revus. Entre les pestes, les pendus, les cadavres alignés par les guerres. J’eus un léger pincement au cœur, mais mon âme resta intacte. Notre dernier contact, une embrassade qui me sembla déchirante. Des promesses criées du haut du bateau. Un fabuleux mariage, des enfants, de longues lettres incessantes… je n’aurais jamais crû que toutes ces promesses allaient être détruites.
    Nous nous écrivions des lettres, je me hâtais chaque jour vers le guichet de la ville afin de demander si je n’avais pas du courrier, sourire aux lèvres. Mais ce n’était pas souvent. Shelley voyageait beaucoup. Et les seuls moments où nous pouvions nous parler par le biais de lettres, c’était lorsqu’elle s’arrêtait dans un pays. C’était elle qui m’envoyait en première un papier chiffonné qui humait son odeur attirante, elle me laissait son adresse à l’intérieur. Me racontait comment c’était ici et là-bas. Ce qu’elle y faisait et trouvait. Si ses importations se passaient bien. Puis, elle me laissait des mots d’amour, me promettant à chaque fois un retour rapide. Je n’attendais que cela. Son retour, et ne plus jamais avoir à la laisser s’en aller. Mais après tout… c’était trop tard, n’est-ce pas ?
    Un mois, deux mois… puis trois sans aucune nouvelle. Sans même un petit bout de lettre. Je commençais à m’inquiéter. Je me levais à l’aurore afin d’attendre le postier qui se déplaçait en calèche. A chaque fois, il apportait du courrier pour mes parents. Mais… jamais pour moi. Puis, enfin, arrivés aux cinq mois, je reçus une lettre, grand sourire aux lèvres, soulagée, je l’ouvris dans mon grand salon. Plusieurs papiers se succédaient. Des avis de recherches. Le bateau jamais arrivé à destination. Jamais retrouvé, tout comme ses marins. Ce qui signifie que Shelley n’était… plus de ce monde. C’est ainsi que pendant plus d’un siècle, je m’étais retirée, me refusait de sortir de ma baraque. Je déprimais en relisant ses lettres. Ses promesses qui n’auraient jamais pussent se réaliser. Une réalité qui m’était devenue mensonge…

    Elle se reculait. Ne savait pas vraiment où donner de la tête. Regardant à droite, puis à gauche, pour finalement me regarder. Elle était vraiment là. En pleine forme, et aussi belle que jamais. Je ne pouvais pas plus me contenir. Voilà trois siècles que j’attendais cela comme quelque chose d’impossible voir même d’irréalisable. Toutes questions par sa présence s’envolaient. Je me fichais presque de tout : Elle était là. Elle était VRAIMENT ici. Je m’élançais contre elle, enfilant mes bras dans son dos, la tirant contre moi. Ce geste. Cette présence. Cette odeur… c’était Shelley. C’était la femme que j’aimais. Ce moment de tendresse, qui apaisa mon cœur de toute blessure. Ce contact prouvant qu’elle était belle et bien là. Tête contre sa poitrine, comme je le faisais souvent lors de nos enlacements. Puis, je me mis à gigoter, tout en restant contre elle, commençant à la frapper de ma force de mouche, où l’envie de lui faire mal n’était que fortuite.

    « I…idiote ! Idiote ! Idiote ! Tu… tu ne m’as même pas fait un signe de vie ! R…rien ! »

    Je continuais de la frapper, comme si cela m’avait manqué. Hors, ce n’était pas vraiment le cas. Nos disputes restaient en moi comme quelque chose d’agaçant. Elles n’étaient pas vraiment nombreuses, mais cependant, elles suffisaient à faire mon malheur, et provoquer mes larmes. Il est vrai qu’il n’était qu’avec Shelley que je me retrouvais vulnérable à chacune de ses phrases. Même si j’étais une grande susceptible, j’arrivais facilement à le cacher. Mais avec elle, dès le départ, cela avait été impossible. Certainement parce qu’on s’était rencontrées par une dispute. Enfin. Elle m’avait cherchée il faut dire ! Traiter une noble de prostituée, il fallait en avoir du culot ! Cela pourrait encore aujourd’hui me frustrer. Bien que beaucoup de personnes me sifflaient dans la rue, comme si j’en étais belle et bien une. Sauf que j’avais pris l’habitude de ne plus être aussi tendre avec les autres. J’allais vers eux, les insultant poliment, leur faisant humblement partager un coup de sac, quoi que, même plusieurs. Jusqu’à ce qu’ils s’excusent en fait. Les jeunes aujourd’hui n’ont aucun scrupule ! Ils vous abordent de manière grossière, vous avez tout simplement envie de leur foutre des claques ! Le romantisme n’existe plus ! Les poètes tels Rimbaud ont disparus de la surface de la Terre. Cela me désole vraisemblablement lorsque je relis les lettres autrefois échangées avec lui. C’était un homme de lettres admirable. Il parlait de son pays comme si c’en était le plus beau. Ce qui me donnait parfois envie d’aller le voir de temps en temps. Mais je n’en ai plus jamais eut l’occasion, et encore moins l’envie.

    « Je… j’ai tellement souffert ! Souffert de ne point t’avoir oubliée !... »
    « Un signe de vie ? Toi non plus. »

    Je pris instantanément une petite moue, je désapprouvais totalement les propos qu’elle venait de me dire. Moi non plus ? Comment voulait-elle que je lui donne un signe de vie alors que rien ne me raccrochait à elle ? Je bredouillais quelques mots, une phrase qui était emplie d’émotions.

    « Maiiiis… je n’avais aucune adresse moi… »

    Elle me tira doucement vers elle, donnant bien plus d’intensité à notre étreinte. Vous savez ce qu’est le manque ? Ne plus avoir aucune nouvelle durant des années ? La croire morte ? C’est inexplicable. A se demander même si ne comprenez pas comment vous avez réussi à survivre jusqu’ici sans sa présence. Retrouver après plus de trois siècles la personne aimée, mon cœur serait presque prêt à exploser de bonheur. Et sa sensibilité n’allait pas tarder à refaire surface…

    « Tu crois peut-être, que neuf ans de ma vie s’envole comme ça, toi ? »

    Ah ben d’ailleurs, qu’est-ce que je disais ? Voilà des larmes promises qui sont en train de couler à flot. Je pleure. Mon cœur bat la chamade, bat si fort qu’il m’en fait mal. Je la serre un peu plus contre moi. Je ne voudrais jamais la lâcher. Rattraper ces trois siècles en restant ainsi toutes les années suivantes. Ses doigts longeaient doucement mon dos, je séchais doucement mes larmes en la sentant me bercer comme elle le faisait auparavant. Geste que je n’avais plus jamais retrouvé depuis sa disparition. Je reniflais doucement, larmes au bord des yeux.

    « …t…tu… tu m’as tellement manquée… »

    Shelley mit fin à notre embrassade en m’éloignant tendrement d’elle. Je fis une petite moue, ne voulant point me défaire de son corps. Elle se baissa légèrement afin de pouvoir me regarder. Il est vrai que Shelley a toujours été plus grande que moi. Si l’on ne compte pas mes talons, elle est certainement beaucoup plus grande que moi… elle me regardait dans les yeux. De ses magnifiques couleurs, elle contemplait les miennes. Je rougis soudainement, prise de grandes chaleurs. Je fronçais doucement et faiblement les sourcils. Son sourire s’étendit faiblement sur ses lèvres. Cela faisait si longtemps… et cela la rendait aujourd’hui, plus belle que jamais.

    « Q…Quoi… ? »
    « Tu es toujours aussi jolie. »
    « Qu…que… »

    Mes rougeurs se firent de plus en plus perceptibles. Prenant partie intégrante de mon visage. Elle déposa un léger baiser sur mon front, puis, je détournais rapidement mon regard, apportant l’une de mes mains à mon visage. Je le tâtais, comme pour lui dire de se calmer. C’étaient des mots qui à l’occurrence ne me faisaient rien, mais là, puisque c’était Shelley, j’en perdais totalement mes moyens…

    « Qu…qu’est-ce que tu racontes ? En.. en…enfin ! Il…il faut bien…. Je… humph… » Je soupirais, me trouvant désespérante. Je la regardais dans les yeux. « T…toi tu es encore plus belle qu’avant… »

    Elle avait tout aussi bien passé l’une de ses mains dans mes cheveux, tout comme moi, ils n’attendaient que ça. Elle se releva soudainement, mais nous restions étonnements proches, voir même intimes. Elle passa ses mains sur mes hanches, chose qui ne me dérangeait pas, bien au contraire. Mon corps n’appartenait qu’à elle. Elle avait bien le droit de faire tout ce qu’elle désirait de moi.

    « Mais… Qu’est ce que tu fiches ici ? »

    Je penchais légèrement ma tête, ne comprenant pas vraiment où elle voulait en venir. Elle enleva aussi ses mains de mes hanches, en rougissant soudainement. Mon sourire s’étendit, je m’abstenais de lui dire qu’elle était adorable, ne voulant pas casser le sérieux qu’elle dégager, et la faire rougir davantage, mais je le pensais actuellement très fort. Même lorsqu’elle rougissait, elle gardait ce sang-froid admirable.

    « Tu… es encore vivante ? Enfin, je veux dire, ca fait trois siècles et des poussières que l’on ne s’est pas vues. Tu peux m’expliquer ? Il y a un souci là, non ? »

    AH. Ca ! Il faut dire que pour moi, c’était quelque chose de tout à fait normal… j’avais pris l’habitude de voir des milliards de vampires, me confondre parmi les humains et tout cela mais… hé ! Shelley est aussi un vampire ?! …Non, ça m’étonnerait. Elle en aura dès lors déduit, non… ? Puis en 1600, les vampires étaient tous des riches prometteurs, de la haute aristocratie ou même nobles… est-ce qu’elle… hm… j’avais vaguement entendu parlé d’une vague d’immortels. Peut-être qu’elle faisait partie de cette « bande » ? De toutes manières, il n’y avait pas trente-six milles solutions. Donc bon…

    « Ah euh… ouais. Je suis ici depuis un an… mon père ne voulait plus que je reste à la maison, et il voulait que je me cultive un peu plus. Bien que je m’ennuie pas mal… » Je soupirais doucement. « Euh… on va dire que… je suis pas normale ? Et toi aussi apparemment. »

    Je soufflais un grand coup. Non, je n’avais pas spécialement peur. En réalité, ça m’était complètement sorti de la tête, de lui dire ça. J’en prenais pas vraiment compte en fait… j’oubliais même parfois que je n’étais pas comme les autres. Je m’assurais qu’il n’y avait personne aux alentours, puis je lui dis…

    « Je suis un vampire, si on peut voir la chose comme ça… » Je la regardais de mes yeux suppliants. « Ce… ça…ça te dérange pas, hein… ? Je… je ne te ferais rien ! Je… je… je ne t’ai jamais rien fait… ! »

    J’étais un peu plus perturbée par sa réaction qu’autre chose. Je baissais doucement mes pupilles d’une clarté indéfinie. Puis, je continuais de parler.


    « Je… je t’aime. Et je te désire plus qu’autre chose… je t’ai toujours désirée. C’est tout… »

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MessageSujet: Re: - Is it even real...? [ PV : Shell ]   Lun 19 Déc - 19:34

    « Je… J’ai tellement souffert ! Souffert de ne point t’avoir oubliée !... »

    Cette souffrance avait donc été réciproque. Il faut dire que, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était devenue Eilish durant toutes ces années. Ces siècles. Je pensais qu’après moi, elle avait finalement trouvée le grand amour, ou bien alors… Que ses parents l’avaient forcé à aimer. Aimer un homme. Et l’avaient tout autant poussé, innocemment au mariage. Rien qu’à ses pensées, je fronçais les sourcils, et mon insatisfaction était flagrante. J’étais persuadée qu’elle avait dignement refait sa vie. Qu’elle vivait, avec des gamins lui courant autour, lui hurlant « maman ». Dans ma tête, je voyais cette si belle princesse vieillir, alors que moi, je ne bougeais pas. Et je restais, à mon physique, et mon état de dix-neuf ans. Je ne pouvais que lui souhaiter le plus grand des bonheurs, même si j’étais loin. Et que je regrettais cette distance. J’aurais dût donner ce poste à William, le fils de Jack. Je n’aurais jamais dût repartir, je ne l’aurais certainement : jamais perdue de vue.

    « Un signe de vie ? Toi non plus. »

    Je voyais son visage, son adorable visage, se transformer en quelque chose de presque boudeur. Comme si, encore une fois, c’était de ma triste faute. Il est vrai qu’elle ne savait pas trop où s’adresser, car je voyageais… Mais elle n’a rien fait pour savoir où je me trouvais. La technologie à avancer, internet s’est mit en marche, elle aurait pût chercher mon nom. Il est affiché sur énormément de compagnie de bateau d’exportation. Elle n’a pas été plus intelligente que moi, sur ce coup, bien qu’au fil des années, tout comme moi, elle a dût se faire à l’idée que tout était bien trop tard.

    « Maiiiis… je n’avais aucune adresse moi… »

    J’en étais sûre. Un petit soupire s’échappait, et mes yeux se fermaient doucement, le temps que je tire Eilish délicatement contre moi. Elle m’avait tellement manquée, que même en la serrant contre moi ainsi, je n’arrivais pas à me faire à l’idée, qu’elle était en face de moi. Là. Eilish était donc présente. Vivante. En pleine forme. Plus belle que jamais. Avec toujours, ce visage d’une beauté parfaite, et ce corps fragile que j’enviais tant. Je passais doucement mes mains dans son dos, retrouvant mes marques du passé. Cela m’avait tant manqué. Cette affection que je n’avais plus retrouvée. C’était… amoureux. Passionnel. Charnel, et, d’une chaleur indescriptible. Je lui lançais, ton froid, et sans réel sentiment.

    « Tu crois peut-être, que neuf ans de ma vie s’envole comme ça, toi ? »

    Neuf ans. Cela n’est peut-être rien contrairement à toutes les années que j’ai traversée. Mais, pour moi, ce fut les neuf plus belles années de ma vie. Celles où j’ai naïvement, apprit ce que voulait dire aimer. Avec la dernière personne que je désirais… une fille noble. Susceptible au possible. Mais avec autant de qualités que de défauts, qui au fond, faisait d’elle un être parfait, qui me donnait goût à cette vie. Vie interminable. Si j’avais sût qu’elle serait encore présente dans nos années actuelles, je ne l’aurais jamais quittée. Même après la mort d’un de mes « parents ». J’aurais tout fait passer après elle. J’aurais tout balayé, pour rester à ses côtés. J’aurais vraiment fait n’importe quoi… Je sentais après plusieurs instants, des larmes, couler à flot, finissant leur course sur moi. Qu’importe. Eilish me serrait, pleurant tel un bébé. Je longeais de mes doigts fins sa colonne vertébrale, avant de la bercer, chose que je faisais si souvent.

    « …t…tu m’as tellement manquée… »

    J’approuvais intérieurement, qu’elle m’avait énormément manquée aussi. Mais je me sentais encore incapable de lui dire, yeux dans les yeux, main dans la main. J’avais au fond, tellement de choses à lui redire, et refaire partager, qu’il valait mieux que je déballe tout ca au fur et à mesure. Cœur battant, et hésitation dans mes bras, je l’écarte doucement, prenant mon courage de marin, pour plonger dans ses pupilles qui elles aussi, m’avaient horriblement manquées. Je me baissais légèrement, afin de bien pouvoir contempler cette jolie demoiselle… Inconsciemment, un sourire se dessinait sur mes lèvres. Exprimant cette joie, pourtant immense dans mon intérieur. La princesse en face de moi, fronçait les sourcils, et se mit à rougir. J’attendais naïvement son « Quoi » habituel, à chaque fois que je la regardais aussi intensément. Je me déconnectais de la terre quelques instants, en la regardant. Je me sentais doucement… planer. C’est vrai que, j’étais là, mais à la fois absente. L’amour rend débile, vous savez.

    « Q…Quoi ? »
    « Tu es toujours aussi jolie. »
    « Qu…que… »

    Rouge. C’était la couleur du visage d’Eilish à ce moment précis. Impossible de ne pas sentir de la satisfaction dans ce genre de moment. Elle se mettait à rougir, devant moi, après trois longs siècles. C’était presque jouissif, vous comprenez. Je déposais rapidement un baiser sur le front de cette dernière, attendrie par la scène, qui continuait tout en s’intensifiant. Elle était cruellement mignonne, à toucher son visage d’une manière presque paniquée, afin de calmer cette gêne, qu’au final je partageais moi aussi. Regard toujours détourné, j’entendais.

    « Qu…qu’est-ce que tu racontes ? En.. en…enfin ! Il…il faut bien…. Je… humph… » Elle soupirant, trouvant finalement le moyen de me regarder dans les yeux. « T…toi tu es encore plus belle qu’avant… »

    J’avais envie de rire devant cette exclamation raté. Devant… cet air adorable, et cette perte de moyens flagrante. Je passais l’une de mes mains dans ses cheveux, les enroulant autour de mes doigts… Je continuais ce geste, jusqu’à que je me relève doucement, afin que mon dos ne souffre pas trop. (Je suis vieille quand même.) Je glissais mes mains vers ses hanches, l’approchant encore plus de moi. J’étais totalement inconsciente. Bien que j’avais l’habitude de faire ca. Il y a trois siècles.

    « Mais… Qu’est ce que tu fiches ici ? »

    Je jetais un coup d’œil en haut, à droite, à gauche, puis en bas. Remarquant notre position relativement… intime, je lâchais prise, rangeant mes mains derrière mon dos, me mettant à rougir de manière cette fois-ci voyante. Je restais calme, enfin, je faisais tout pour. Afin de ne pas mettre court à la discussion que j’allais lancer. Des choses me chiffonnaient, il me fallait des réponses.

    « Tu… es encore vivante ? Enfin, je veux dire, ca fait trois siècles et des poussières que l’on ne s’est pas vues. Tu peux m’expliquer ? Il y a un souci là, non ? »

    J’attendais patiemment une réponse, jetant un coup d’œil un peu partout dans la pièce, où nous étions bel et bien seules. Eilish était donc en train de boire… du thé. J’avais soif. Faim, aussi. J’étais un ventre sur pattes qui ne prenait jamais un gramme. On m’envoyait souvent en cuisine sur les bateaux, ou même dans les maisons. Je sais très bien cuisiner ! Quelques spécialités du moins, il y a énormément de choses que je ne sais pas faire. Et je suis une gourde en pâtisserie. Je concocte juste quelques plats Italien que ma chère Agata m’a apprit mais… je m’égare. J’ai réellement faim.

    « Ah euh… ouais. Je suis ici depuis un an… mon père ne voulait plus que je reste à la maison, et il voulait que je me cultive un peu plus. Bien que je m’ennuie pas mal… Euh… on va dire que… je suis pas normale ? Et toi aussi apparemment. »

    Je revenais au visage d’Eilish, puis hochais la tête de manière machinale. Je n’étais pas non plus vraiment normale, c’est vrai. La demoiselle soupirait un grand coup, regardant autour d’elle si personne ne rôdait.

    « Je suis un vampire, si on peut voir la chose comme ça… » Regard suppliant. Haha. « Ce… ça…ça te dérange pas, hein… ? Je… je ne te ferais rien ! Je… je… je ne t’ai jamais rien fait… ! »
    « Un vampire… ? » Je me mis à rire, reliant ce fait aux loups garous, et autres délires des mythes. « Ne t’en fais pas, je m’en contre fiche, je voulais juste une explication « valable ». Et pour moi ca l’est. »

    J’affichais par la suite un grand sourire, comme je le montrais si rarement. Eilish baissait pas la suite, soudainement les yeux. Quoi encore ? Je penchais la tête, l’écoutant, portant toute mon attention sur elle.

    « Je… je t’aime. Et je te désire plus qu’autre chose… je t’ai toujours désirée. C’est tout… »

    Impossible de sortir ne serais-ce qu’un seul son de ma bouche. Mes yeux s’ouvrirent à nouveau en grand, car cela faisait longtemps que je n’étais pas… face à ce genre de parole. Je relevais de mes mains légèrement froides le visage d’Eilish, puis déposait un court baiser sur ses lèvres, rapide mais « efficace ». Assez je pense pour la déstabiliser d’avantage. Je m’éloignais à nouveau, la forçant à me regarder.

    « C’est totalement réciproque. Tu le sais, hein ? » Je lâchais son visage, longeant ses courbes de mes mains, pour finalement les faire revenir à leurs places initiales : les hanches d’Eilish, que j’appréciais tant. « Pour ce qui est de moiiii… » Je regardais à nouveau si personne n’était à proximité. « Je suis immortelle. » Chuchotais-je dans son oreille, avant d’éloigner mon visage. « Un imbécile qui m’a fait boire une potion, bref, un blabla interminable. »

    Je soupirais, remettant une mèche de cheveux en place à l’aide d’une de mes mains, puis je proposais à Eilish de s’asseoir, en lui pointant du doigt la table, et les chaises se trouvant autour. Nous nous installions toutes deux, à des sièges relativement proches, afin de ne pas perdre le contact physique qui nous avait manqué. Je m’amusais de ses doigts, discrètement, la voyant se re-préoccuper de son thé, qui avait l’air excellent. Par la couleur, et l’odeur qui hantait mes narines. Cela faisait horriblement longtemps que je n’avais pas prit le temps de boire un bon thé, et de discuter autour de quelques bons petits gâteaux. J’allais à présent le faire avec la personne tant désirer.

    « Et sinon… Pendant mon absence, combien de conquête as-tu eus ? Tu t’es mariée ? »

    Certes… Il fallait bien que ma curiosité frappe. Enfin, elle est quasi-inexistante. Mais là, on parle d’Eilish… En trois siècles, elle a bien dût en faire, des choses…
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Eilish O'Flurry


FINDABAIR ; Vampires aidant le clan findabair.
FINDABAIR ; Vampires aidant le clan findabair.
Féminin Messages: 94
Entry date: 03/12/2011
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Quels secrets caches-tu ?
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MessageSujet: Re: - Is it even real...? [ PV : Shell ]   Mer 21 Déc - 1:56

    J’avais encore du mal à y croire. Ces jours embellis seuls de lumière artificielle, même le soleil ne semblait plus m’atteindre. Depuis des années, des siècles même : On m’avait retiré mon propre soleil. Du moins, c’était ce que je pensais. Le temps passait, les aiguilles se mélangeaient. Les heures se perdaient entre elles, et les jours… je n’oserais même pas en parler. L’éternité me semblait en elle-même une éternité. Auparavant, je trouvais cela cool, de continuer de vivre. Mais au fur à mesure des années, je me rendais compte que c’était bien le contraire de ce que je pensais. A quoi sert la vie, à quoi mène-t-elle si l’on en perd sa boussole ? Je me couchais dans l’herbe, inerte, on aurait pût me croire durant plusieurs années comme morte, à ne rien faire, restant couchée du matin au soir. Je regardais le soleil se lever, se coucher pour finalement laisser place à la lune, qui plus tard, elle, se fondait dans la douce abîme du matin. C’était tellement long… mais je n’avais plus envie de rien. Ni de manger. Ni de boire. De rien. Je voulais me laisser mourir. Cependant, mes servantes me ramenaient chaque soir à la maison, et m’obligeaient à manger, contre mon consentement, sous l’ordre de mes parents, qui se refusaient de me perdre. Durant des décennies, ce fût ainsi. Je m’en allais parfois au port que tenait mon père, espérant revoir un jour le bateau fantôme s’arrêter à bon port pour ne plus jamais repartir. Voir Shelley descendre en courant des escaliers invisibles, et me prendre dans ses bras, me chuchotant qu’elle était pour toujours de retour. Un rêve. Un euphémisme à jamais brisé. Car telle est la vie, telle est la mort qui nous prive de nos êtres les plus chers. Nous les vole même. Elle se rit de nous, et pourtant fait partie de la vie. Ainsi, en temps qu’être contre la nature, défiant la mortalité elle-même, qui nous apitoie sous son sort par le biais de quelqu’un d’autre. C’est dur… Tellement, TELLEMENT dur. Même si notre cœur a cessé de battre, on le sent tout de même se compresser, se mourir plus qu’il ne l’est déjà… c’est donc ça : la fin.

    Cependant… tout ce qui venait de se produire, en une vitesse éclair, provoquant même en moi un mal-être inconcevable, et des maux de têtes pénétrants, était bel et bien vrai. La pure vérité. Les hallucinations qui se jouaient de moi autrefois, s’avéraient aujourd’hui être un échantillon de la réalité. Comme pour me forcer à continuer d’y croire, qu’un jour, je n’allais pas être déçue. Que j’allais même en pleurer de joie. Et effectivement, quel sentiment doux c’était. Bien que dur au début, il se dissout rapidement en quelque chose de soluble, qui finit par couler. Des larmes ? Oui. C’est cela. Des Larmes. Un surplus d’émotions, de sentiments qui m’avaient depuis fort longtemps immergés. J’étais plongée dans la mer noire qu’était l’amertume. Dans des souvenirs qui étaient à jamais gravés. Qui me faisaient jusqu’alors rire de tristesse, et pleurer dût au manque.
    Je n’étais que dans une simple véranda, où je pensais enfin pouvoir être en paix, être en parfait accord avec le silence, avec, pour seul bruit, les biscuits qui se plongeaient dans le thé, mes dents qui les croquent. L’eau se verser. Des bruits simples mais qui pourtant, perçaient l’atmosphère. Je ne cherchais que le calme afin de me reposer de la bêtise humaine, de son arrogance suprême et des tourments qu’elle me causait. Lorsqu’alors, un bruit m’éveilla de mes pensées : La porte de la véranda, en train de s’ouvrir. Je n’étais plus seule. Cela venait de la porte menant à l’extérieur. Je restais impassible, seuls quelques instants, jusqu’à ce que j’entende la porte se refermer, et les pas doucement s’approcher. Je me retournais doucement. Et là, ce fût un choc. Le parfait sosie de Shelley. Elle lui ressemblait tellement que je criais l’hallucination après seulement de brèves secondes d’analyse. Je me perdais dans mes propres larmes, me cachant derrière mes mains qui ne détenaient devant cette image, plus aucune force, et un cœur qui criait à l’unisson mon désespoir. Je croyais vraiment, que c’était hors de la réalité, que c’était quelqu’un d’autre. Mais encore une fois, j’avais eut tort. Horriblement tort. Car, en toute honnêteté, et entre vous et moi, la jeune fille qui se trouvait en face de moi était belle et bien Shelley.

    Il nous fallut un moment pour nous en remettre. Mais relativement peu pour nous rejoindre. Je venais de sauter dans ses bras. De pleurer contre elle, la frapper doucement, la traitant royalement d’imbécile. Il n’y avait pas à dire, elle m’avait manquée. Elle passait ses mains dans mon dos, ces gestes que je n’avais reconnus nulle part ailleurs, mais que je retrouvais par ces doigts fins. Elle me chuchotait des mots doux et d’amour, me rappelant que je restais tout de même jolie, compliment qui n’était pas à prendre comme peu. Je souriais, je rougissais même… Elle venait de me déstabiliser. Je ne savais même plus quel mots placer. Elle se relevait doucement, me tirant un peu plus vers elle, descendant ses mains vers mes hanches qui lui appartenaient toutes entières. Tout comme mon être. Mon âme. Elle avait toujours été ma raison d’être.

    « Mais… Qu’est ce que tu fiches ici ? »

    Hein ? Que voulait-elle dire par là ? J’étais ici, tout comme elle, pour des études… enfin voilà… normal quoi, non ? Enfin, « études ». Je n’avais pas besoin de tout ça, vu tout ce que mon cerveau contient depuis des années. Il est certainement plus cultivé qu’une bonne poignée d’élèves dans cet établissement. Enfin, je dis ça, je dis rien. Je la vis regarder dans de divers angles, puis, remarquant notre intimité, se recula, rangeant ses mains derrière son dos, évitant mon regard, elle se mit instantanément à rougir. Elle était si belle… ses courbes, son visage, son corps, sa personnalité… tout d’elle m’avait essentiellement manqué. Ses nombreux baisers, son cœur contre le mien, sa façon de me faire l’am…. Oh, je m’évade, veuillez m’en excuser, loin de là était mon idée. Face à ses rougeurs, je ne pouvais qu’en sourire un peu plus. Sa bouille adorable étirait constamment mon sourire. Mes lèvres s’actionnaient à la moindre de ses réactions. Elle me faisait vivre. Encore et toujours aujourd’hui. Je la regardais mi-niaise mi-curieuse. Car sa question avait été lancée un peu rapidement. Comme si elle pensait à voix haute, c’est ainsi qu’elle commença à se rattraper, donnant plus d’explication à sa précédente question que j’avais jugée de presque incompréhensible.

    « Tu… es encore vivante ? Enfin, je veux dire, ca fait trois siècles et des poussières que l’on ne s’est pas vues. Tu peux m’expliquer ? Il y a un souci là, non ? »

    Je vis ses yeux très légèrement se poser sur ma tasse de thé. Elle avait toujours aimé ce dernier. Elle aimait boire et manger. Cependant, même si je n’étais pas très douée en cuisine, mais plus en pâtisserie, devant me consacrer à des passe-temps, je faisais tout de même l’un des meilleurs thés d’Irlande. Me spécialisant dans la flore, parfois je plongeais mon nez dans des plantes, tentant de découvrir de nouveaux parfums. A la maison, lors des cérémonies et réunions, on me commandait souvent quelques théières. Et on me recommandait même, si je puis dire ! Ceci était une certaine fierté. Et, cela ne me déplaisait pas. Loin de là. Je mettais à profits mes talents. Du moins, seulement pour mes proches. Et pour les personnes qui ont selon moi, grandement besoin de décompresser. Ainsi se résumait mon talent. Enfin, je parle, je parle. Mais revenons-en au sujet. Il fallait donc que je lui explique mon identité. Que je lui avais « cachée ». Que je mets entre guillemets, puisque j’en oubliais presque que j’étais un vampire à ses côtés. Elle me faisait vivre une vie normale et paisible. Mais enfin, c’était une question que je pouvais même lui retourner. Vue qu’elle était aujourd’hui, en chair et en os en face de moi. Il faut avouer que nous avions aujourd’hui des confidences à nous faire, afin que tout secrets soient oubliés. Et ce, à jamais. Car dans un couple, il est vrai que l’on doit tout se dire…

    « Ah euh… ouais. Je suis ici depuis un an… mon père ne voulait plus que je reste à la maison, et il voulait que je me cultive un peu plus. Bien que je m’ennuie pas mal… Euh… on va dire que… je suis pas normale ? Et toi aussi apparemment. »

    Elle hochait paisiblement la tête. Et moi, je regardais autour de nous, si personne ne nous scrutait du regard à travers les fenêtres. Et, je fus soulagée de remarquer qu’il n’y avait pas un chat, je replongeais donc mon regard dans celui de ma bien aimée, et lui avoua toute la vérité.

    « Je suis un vampire, si on peut voir la chose comme ça… » Regard suppliant mode on. « Ce… ça…ça te dérange pas, hein… ? Je… je ne te ferais rien ! Je… je… je ne t’ai jamais rien fait… ! »

    « Un vampire… ? »

    Elle se mit soudainement à rire après cette constatation. Je fis une légère moue mécontente. Quoi ? Il n’y avait rien de drôle ! Vraiment ! J’étais très inquiète de sa réaction, et elle, qu’est-ce qu’elle faisait ? Elle rigolait ?!

    « Ne t’en fais pas, je m’en contre fiche, je voulais juste une explication « valable ». Et pour moi ca l’est. »

    Huu… je me calmais momentanément sous sa réponse. Je levais timidement mes yeux vers elle. L’observant doucement déballer l’un de ses plus beaux sourires, puis, toute rouge, je les baissais à la suite, pour lui avouer.

    « Je… je t’aime. Et je te désire plus qu’autre chose… je t’ai toujours désirée. C’est tout… »

    Je me sentais toute chose. Cela faisait combien de temps que je n’avais pas sorti réellement pensés, ces mots ? Ne serait-ce qu’un véritable « je t’aime », en butant même sur mes mots ? A m’en arracher le cœur ? Depuis le départ de Shelley, je dirais. Oui. C’est ça. Elle a emporté mon cœur avec elle. Et comme on vient de me le restituer, je n’hésite pas à ressortir ces mots qui m’avaient tellement manqués de lui dire. Je levais petit à petit mes yeux, afin de pouvoir examiner sa réaction, mais bien avant que je ne puisse totalement les relever, ses douces mains froides relevaient mon visage emplit de chaleur, puis ses lèvres se connectèrent aux miennes. Mon cœur battait comme jamais. Il en avait totalement oublié la sensation. Le bonheur que cela me procurait. Un baiser. Je voulais tout simplement arrêté de temps. Approfondir le baiser. La serrer contre moi, passant doucement mes mains sous son haut, afin de la redécouvrir à nouveau. Mais cela fût beaucoup trop bref. Mais ce qui suffit à me déstabiliser à nouveau, bien évidemment ! J’avais juste envie de me cacher, tellement mon visage devait être rouge. Je me demandais si j’étais même capable de sortir un mot de ma bouche.

    « C’est totalement réciproque. Tu le sais, hein ? »
    « O…ouiiii…. » Souriais-je nerveusement.

    Elle lâcha doucement mon visage, qui se baissa spontanément, pour poser à nouveau ses mains sur mes hanches.

    « Pour ce qui est de moiiii… »

    Elle marqua une courte pause, m’imitant en vérifiant s’il n’y avait personne aux alentours, puis, se penchant vers mon oreille pour me chuchoter des mots qui me causèrent spontanément des frissons.

    « Un imbécile qui m’a fait boire une potion, bref, un blabla interminable. »
    « Je suis là pour t’écouter de toutes manières… »

    Elle me proposa ensuite d’aller nous asseoir. J’acquiesçais rapidement, souriant d’un sourire qu’on aurait pût croire oublié, puis, nous collons deux sièges à côté afin de rester tout de même proches. De toutes manières, je ne l’aurais pas laissée s’asseoir à l’autre bout de la table. Ca ne va pas ? On vient de se retrouver. Et même en temps normal. Je veux que nous soyons continuellement proches. Je tournais la cuillère de mon thé, légèrement soucieuse de ce dernier qui avait dût refroidir, tout en écoutant ce que Shelley avait à me dire…

    « Et sinon… Pendant mon absence, combien de conquête as-tu eus ? Tu t’es mariée ? »

    Ma réaction fût immédiate : Je réussis à m’étouffer avec de l’air, autrement dit : rien. Provoquant trois ou quatre toux consécutives que je cachais de ma main qui tenait la cuillère. Oula. C’était bien la DERNIERE question à laquelle je m’attendais. Je me calmais assez rapidement, afin de lui demander.

    « Pourquoi cette question… ? Tu jalouses déjà ? » Riais-je. « Il faut dire que… j’ai belle et bien tenté de t’oublier. Mais en vain. Les gens me dégoûtaient. Parfois, je me déclarais amoureuse, sans même penser à la véritable définition. »

    Je marquais une légère pause. Posant mon regard sur Shelley, joues légèrement roses.

    « Je n’ai jamais retrouvé ce que j’ai perdu. Et au fond, je ne voulais pas que ce soit remplacé. Tu es la seule que j’ai aimée. Que j’aime encore. Et que j’aimerais. » Je soupirais. « Mes parents ne m’ont jamais forcée. J’acceptais à chaque fois, avant de t’avoir rencontrée. Mais depuis, je n’ai plus jamais voulu entendre parlé de mariage. Il faut dire… après nos promesses à ce sujet, cela en n’est pas incompréhensible… si je devais donner une dernière fois ma main. Cela aurait été à toi. »

    Je me levais, allant m’asseoir sur les genoux de Shelley, en ayant marre de notre distance, aussi minime soit-elle, relevant ma robe aux multiples froufrous d’un blanc pur, puis, je passais mes mains autour de cou, posant ma tête sur son épaule.

    « En clair, il n’y a eut que toi. Que tu sois absente, ou pas. » Je soupirais. « Je serais d'autant plus heureuse que tu me parles de tes conquêtes et amourettes, mais pour tout te dire, je n'ai pas tellement envie de savoir avec qui tu pouvais bien fricoter... je préfère penser que j'étais la seule. Par égoïsme, par amour, et par jalousie. »

    Je me mis instantanément à bisouter son cou, caresser son corps, frôler sa douce poitrine, pour finalement poser mes lèvres sur les siennes de manière furtive, pour finalement me retourner vers ma tasse. Je la pris dans mes mains, la menant face à ma petite Shelley, lui proposant gentiment, sourire naïf et innocent aux lèvres.


    « Tu veux goûter mon thé, chérie ? »

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