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 Dans la plupart des cas, on se sent seul...

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Brennan L. Martin

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Humains ; Rescapés des malédictions
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MessageSujet: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Sam 3 Mar - 16:58

Tout le monde se méfiait de tout le monde.
Samedi... La plupart des élèves de l'établissement partent chez eux, retrouvent leurs familles et racontent leur semaine avec joie un sourire aux lèvres. Si innocents, si... inconscients. Ils ne savent pas, enfin ils ne peuvent pas se douter qu'ici certains ne rentrent jamais chez eux, ils sont venus ici car ils savent qu'ils ne verront plus jamais leur famille et que cette école est leur seul chez eux... Je parle de moi. Peut-être que d'autres sont dans mon cas, sûrement même. Mais en attendant je ne sais rien sur ceux qui m'entourent, donc je ne fais que parler en mon nom...


Les lieux étaient sombres, il n'y avait ni chat ni âme qui y erraient. Les couloirs étaient déserts, comme si la vie s'y était arrêtée. Brennan y errait, sans but, essayant de trouver quelque chose à faire. Le temps ne lui manquait pas, pour elle, il s'était figé. Par la fenêtre, on pouvait voir la pluie recouvrir la région entière, quel triste spectacle. Ces jours de pluie étaient créés pour désespérer les Hommes, toute cette eau venue du ciel... c'était comme si elle lavait ce lieu de tous les mensonges, les conneries des Hommes et les emportait avec elle dans ses flots. Devant cette image, Bren' repensait à avant. Mais dans sa mélancolie omniprésente, elle se perdit dans ses pensées. La pluie, l'hiver, la neige... Une douleur pinça le cœur de l'être solitaire, une douleur enfouie revenue à la surface pour montrer qu'elle était encore là, bien présente, profonde, encrée dans le cœur de la fille. Cette sensation retira celle-ci de son état de transe, elle s'approcha de la vitre et observa les alentours. La neige commençait à fondre, la terre refaisait surface, les arbres n'étaient plus recouverts d'un manteau blanc, mais biens nus, le ciment était petit à petit découvert... Un petit bâtiment accrocha le regard de l'observatrice. Le gymnase. N'ayant rien à faire, pourquoi ne pas pratiquer un peu de sport ? Brennan avait vraiment besoin de se défouler, et rien de mieux que le sport. Elle savait que cette activité allait lui faire du bien, d'un côté pour pouvoir garder la ligne, même si elle n'en avait pas excessivement besoin, et de l'autre côté elle allait pouvoir se vider l'esprit et peut-être que, on ne sait jamais, le temps se mettrait à déferler doucement.

Sa tenue était on-ne-peut-plus simple... A son goût. Pour être sûre de ne pas attraper froid en rejoignant le gymnase, Brennan s'était vêtue d'un pull noir, un peu trop grand, qu'elle portait avec les manches relevées. Sous cette laine était caché un top bretelles gris tout simple. Son bas était un jogging un peu large gris foncé. La pensionnaire ne mettait que ce genre de vêtements, elle n'aimait pas les couleurs vives. De son point de vue, les couleurs n'étaient que portées par les gens heureux. Seule sa chevelure ressortait de cet ensemble sombre. Debout, sur la dernière marche des escaliers, l'enfant était immobile, rêveuse. Depuis son arrivée, elle ne s'était jamais sentie aussi seule à vrai dire. Elle réalisait enfin que ce week-end serait solitaire. La jeune fille ne voulait pas y penser, elle ne voulait pas être solitaire... Frêle, mais déterminée, Brennan descendit la dernière marche en se promettant que ce week-end serait un week-end où le temps lui échapperait, elle allait tout faire pour ne plus voir le temps s'arrêter.

Enfin arrivée dans le gymnase, un peu mouillée, Brennan reprit son souffle. Elle avait du courir dans la pluie aussi vite qu'elle avait pu pour ne pas être trempée. La fille s'appuya sur le vieux mur. La couleur blanche était vieillie... Avec les années, elle était devenue blanc cassé. Enfin... C'est ce que déduisit Brennan, car à certains endroits on pouvait encore apercevoir le blanc de l'époque. A peine s'était-elle posée qu'elle réfléchissait déjà à ce qu'elle allait faire. Bren' ne voulait pas perdre de temps, il fallait qu'elle commence une activité maintenant, ou sinon elle allait se décourager et se retrouver comme toujours devant une fenêtre et regarder dans le vide, faire semblant de s'extasier devant le paysage. Elle observa la salle et aperçut un punching-ball. Intriguée, la sportive s'approcha du matériel. Il était usé, on avait dû beaucoup l'utiliser. La demoiselle regarda autour d'elle et vit des gants rouge délavé de boxeur. Elle conclut que c'était ces gants qu'elle devait utiliser pour pouvoir taper dans le punching-ball. Concentrée sur son activité et sur rien d'autre, elle frappa dans le sac aussi fort qu'elle le put. Ce qu'elle ne remarqua pas, c'est qu'une autre personne entra dans le gymnase...

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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Mar 13 Mar - 12:28

Un ciel noir pour un weekend sinistre. Comme l’étaient tous les jours de la semaine, de toute manière. Et comme l’était mon cœur, éternellement noyé dans les ténèbres qui jamais ne le quitteraient. La tête enfouie dans mes bras posés sur le bureau de la chambre dans laquelle j’étais seul depuis quelques heures déjà, je lâchais un long et profond soupir, les yeux fermés. What have you done de Within Tempatation et Keith Caputo tournait en boucle dans mes oreilles, le son assourdissant battant à plein régime tandis qu’il m’écartait de ce monde auquel je n’avais jamais appartenu. Je tournais alors la tête vers la fenêtre, toujours nonchalamment appuyé contre mes bras croisés devant moi. Je regardais alors la pluie qui commençait à s’éclater contre les vitres, temps habituel depuis plus d’une semaine. Je me redressais alors, puis retirais les écouteurs de mes oreilles. J’éteins alors mon mp3 et me dirigeais vers la salle de bain pour prendre une bonne douche, histoire de me vider un peu l’esprit trop embrumé et embrouillé par le ressassement de ces pensées qui n’en finissaient pas de tourner. Quand arriverais-je enfin à accepter ce que je suis ? J’avais pourtant grandi dans ce monde, issu d’une famille très réputée de Aillil, et pourtant. Pourtant je haïssais cet être que j’étais quand bien même je pensais avoir fini par l’accepter. Mais à chaque nouveau meurtre que je faisais j’en étais malade. Véritablement malade. Alors qu’est-ce qui clochait chez moi ? Je finissais même par me demander ce que c’était qu’être « normal ». Etait-ce le fait de tuer, ou bien d’éprouver des remords à chaque fois que je devais le faire ? De conserver cette part d’humanité en moi que je ne devais pas même avoir ? Je ne le savais pas. Je ne le savais plus.

Je me dirigeais alors dans la salle de bain, puis me déshabillais avant de me glisser sous le débit de l’eau tellement chaude qu’elle me donnait l’impression que l’on m’enfonçait des couteaux dans la peau. Mais je n’y prêtais pas garde, je m’en fichais. Je me contentais simplement de fermer les yeux, les mains appuyées contre le mur d’en face. L’eau coulait le long de mon corps, plaquant mes cheveux noirs comme l’ébène sur mon visage pourtant blanc comme la porcelaine. Après une demi-heure passée sous le courant de l’eau pure, je sortais de la cabine de douche, enroulais une serviette autour de ma taille tandis que je frottais vigoureusement mes cheveux avec une autre. Je sortais de la salle de bain en me dirigeant vers la penderie, devant laquelle je restais quelques instants, me demandant bien ce que je pouvais mettre. Puis j’eus une soudaine envie lorsque mon regard glissa sur mon pantalon de jogging. Je posais alors la serviette que je tenais dans les mains, pris le pantalon noir ainsi qu’un tee-shirt bien entendu de la même couleur avec une sinistre croix gothique dessinée dans le dos. Puis je pris ma veste de survêtement, un boxer, et retournais dans la salle de bain pour me changer.
Je finis ensuite de me laver et, une fois prêt, je pris mon baladeur que je glissais dans la poche de ma veste avant de sortir dans les couloirs.

A vrai dire, je ne fus pas étonné de voir que malgré cette heure assez avancée de la matinée les couloirs étaient dépeuplés. Mais la plupart des pensionnaires rentraient chez eux pour le weekend ou bien préféré sortir en ville. Personnellement je détestais tout cela, et je me rappelais alors de la pile de mail et d’appels que j’avais reçus de ma famille me demandant où j’étais. Après tout, ma fugue n’avait pas passé longtemps inaperçu, et même si avant mon départ pour Prohibition Night Academy j’en faisais très souvent, cette fois ils avaient pu constater que mon absence avait été bien plus longue que d’accoutumée. Combien de fois m’étais-je fais coffrer par la police lorsqu’ils avaient retrouvé ma piste... Mais aujourd’hui j’étais bien plus loin et surtout majeur pour pouvoir faire comme bon me semblait, alors j’avais bien compté en profiter. Je n’avais d’ailleurs pas une seule fois écouté leur message, préférant les laisser enfin à la porte de ma vie. Depuis le temps que j’en avais rêvé.

Je descendais les marches du grand escalier principal qui menait dans le hall d’entrée, puis poussais les grandes portes d’entrées qui menaient vers l’extérieur. Je descendais ensuite dans la cour que je traversais en direction du gymnase qui se tenait à quelques mètres d’ici. J’espérais au moins pouvoir y être seul, comme toutes ces fois où je m’y étais rendu. A vrai dire pour cela j’avais toujours eu un peu de chance, et j’espérais bien qu’aujourd’hui j’aurais la même. Je n’étais vraiment pas disposé à parler. D’un autre côté je ne l’étais jamais non plus, alors bon...

La pluie battait de plus en plus fort, mais je ne pressais pas le pas, au contraire. J’aimais ce temps toujours en adéquation avec la tempête qui sévissait en mon for intérieur. Puis, une fois arrivé, je poussais les portes pour découvrir devant mes yeux le grand terrain couvert, jonché de centaines d’instruments de sport. Mais ce qui m’intéressait surtout c’était la piste de course sur laquelle je pouvais m’élancer durant des heures sans réellement me fatiguer. Au moins l’avantage de mon espèce c’était que du côté physique il en fallait beaucoup plus pour nous essouffler... Toutefois, un son attira mon attention, alors que je découvris au fond de la salle une adolescente qui frappait dans un puching ball, des gants de boxe couvrant ses mains.
Je le savais que j’avais la poisse...

Je lâchais alors un soupir et fis comme si de rien n’était, faisant quelques rapides échauffements avant de m’élancer sur la piste. Toutefois, la fatigue vint « rapidement », du moins bien plus qu’il ne le fallait. Depuis combien de temps n’avais-je pas bu de sang déjà ? Ah oui, un peu trop longtemps... Je fis alors quelques derniers efforts puis me dirigeais vers le banc où je m’assis pour reprendre mon souffle. Non seulement j’étais en manque de sang, mais qui plus est je dormais tellement mal que ma fatigue que j’avais jusqu’à lors tenté d’ignorer me sauta pour ainsi dire en pleine figure. Je sentais que les traits de mon visage étaient quelques peu tirés, et cela ne m’étonnait pas un instant. Cependant, je savais parfaitement qu’être dans cet état n’entrainait qu’une chose possible : le fait de devoir attaquer une nouvelle personne. Et cette fille au fond du gymnase... est-elle humaine ? Elle était bien trop loin pour que je ne puisse encore la ressentir. Je me contentais alors de la fixer distraitement, ne sachant trop quoi faire pour le moment.


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Brennan L. Martin

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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Dim 22 Avr - 15:35

Calme, silencieux, peu bavard... Distant.
Elle frappait dedans de toutes ses forces, comme si c'était quelqu'un qu'elle détestait. Le punching ball devait souffrir, mais heureusement il ne disait rien, il la laissait se défouler sur son tissu rouge foncé avec ses gants fissurés et de couleur délavée. Grâce à lui, Brennan ne pensait à rien, son esprit était vidé. De temps en temps, entre deux coups, une idée traversait son esprit, mais sans plus. Et puis, Bren' se forçait aussi à ne penser à rien, elle voulait vraiment être déconnectée de tout, se concentrer entièrement sur son effort physique. Pour donner toute son énergie, elle imaginait que son tuteur se trouvait devant elle, cela lui procurait encore plus de colère et de... plaisir ? Oui, on peut appeler cela comme ça. C'était peut-être un peu sadique, mais c'était la seule personne qu'elle pourrait vouloir voir un jour mort. Elle frappa, tappa, trucida. Elle était tellement concentrée qu'elle n'entendit pas quelqu'un entrer dans le gymnase. Sa présence atteint son esprit que lorsqu'elle vit une silhouette au coin de son œil. Plus seule, elle ne pût continuer à faire son exercice en toute tranquilité. Elle pivota alors son regard vers cet inconnu. C'était un jeune homme aux cheveux noirs de jais, contrastant avec sa peau, si clair, si... blafarde. Bren' l'avait déjà vu auparavent. Calme, silencieux, peu bavard... Distant. Un peu comme elle, sauf que pour lui, ce n'était pas normal. Il aurait dû être un de ces dragueurs ouvrant la bouche à chaque opportunité pour charmer une énième lycéenne, vu son physique. Peut-être jouait-il simplement un rôle ? Celui du « jeune mec mystérieux », du « grand brun ténébreux » pour pouvoir charmer encore plus de jeunes filles ? En tout cas, Bren' savait que dans sa classe, nombreuses étaient celles qui pensaient à lui jour et nuit... Rien de plus stupide d'après elle.

Il fit quelques échauffements puis commença à courir. Ce devait être un sportif, on sentait qu'il avait l'habitude de courir vu la vitesse à laquelle il s'exerçait. Bren' le vit passer devant elle, puis à côté et enfin derrière. Le jeune homme passa bien plusieurs fois à ces endroits toujours aussi rapidement. Quand il s'arrêta d'un coup. Cela la surprit. Elle imaginait qu'il aurait couru beaucoup plus longtemps vu son rythme. Il aurait voulu l'impressionner ? Il n'était finalement peut-être pas le mec qui se la joue super mystérieux, mais plutôt celui qui est calme et essaie d'avoir l'air bon en tout, même le meilleur en tout et donc en course, mais s'arrête parce qu'il a surrestimé le pouvoir de la fatigue des muscles ! Brennan arrêta de le surveiller, parce qu'elle n'allait quand même pas y passer sa journée ! Elle essaya donc de continuer sa boxe, mais ses forces la quittèrent. Peur à peu, ce qu'elle faisait servait de moins en moins à quelque chose. Elle prit alors la décision de s'arrêter. Assoiffée, elle enleva ses gants de boxe et prit sa bouteille, qu'elle avait laissé sur le côté du punching-ball et commença à boire. Cela lui faisait du bien, l'eau coulait dans son corps et apaisait ses muscles fatigués par l'effort. Après cet abreuvage, elle essuya la sueur sur son front avec son bras, à défaut de ne rien avoir sous la main. Les pointes de ses cheveux étaient mouillées, Brennan se fit alors une queue de cheval, seules certaines mèches de sa frange collaient sur son front. Après un moment à laisser ses muscles reposer, elle se souvint du jeune homme, elle regarda dans sa direction et le vit, assis. Elle comprit qu'il reprenait sa respiration, il avait dû un peu abuser sur la vitesse de sa course. Le voyant seul, elle réfléchit à quelque chose. Si elle avait été à sa place, elle aurait soif, mais Brennan ne voyait pas de boisson quelconque près du garçon. Donc, instinctivement, elle s'approcha de lui. Elle vit ses yeux. Incroyablement noirs, ses yeux fascinèrent Brennan. Elle n'en avait jamais vu de plus sombres... Ils auraient même pû lui faire un peu peur, mais Bren' détourna les yeux, impressionnée par cette couleur.

Arrivée à la hauteur du jeune homme, Brennan vit mieux les traits du garçon. Fins, frêles, délicats... En somme, il avait tout pour plaire. La jeune fille comprenait maintenant pourquoi les filles de sa classe ne faisaient que baver dès qu'elles le voyaient dans les couloirs. Et puis, cela devait lui faire plaisir, son rôle marchait bien. Etre mystérieux pour attirer. En tout cas, on ne pouvait pas dire qu'il ne savait pas ce qu'il faisait. Mais à cet instant présent, Brennan sentit qu'il la regardait. Il devait se demander ce qu'elle faisait là, plantée devant lui. Se trouvant un peu bête, Bren' lui montra sa bouteille.

« Rien ne vaut une bonne gorgée d'eau fraîche après un effort. »


Cette phrase n'était pas vraiment cool, elle était même un peu ringarde ! Mais la fillette n'avait rien trouvé à dire d'autre. D'un côté, il n'y avait pas 3000 façons différentes pour demander si l'autre voulait boire. Mais on peut dire qu'elle aurait pû trouver autre chose à dire. Elle se sentait un peu bête, avec ses cheveux mouillés, son visage transpirant et sa bouteille, devant lui, calmé, avec ses cheveux et ses yeux noirs et ses traits fins. Ne voulant pas avoir l'air vraiment débile, Brennan lui demanda quand même :

« Tu veux boire ? »

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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Ven 27 Avr - 15:08

J’avais besoin de me vider l’esprit, de penser à tout sauf à ce qui me faisait souffrir. Sauf que la chose était plus facile à dire qu’à faire, car si je devais résumer ma vie, je n’aurais qu’un seul mot à dire : gâchée. Elle l’était en tout point : gâchée car je n’avais jamais rien fait d’autre que du mal, soit pour survivre, soit parce qu’il était dans ma nature de reposer plus ou moins violemment les personnes qui m’entouraient. Gâchée parce que je savais que l’être que j’étais n’avait aucun espoir de rédemption, et gâchée par tout ce nombre de vies que j’avais détruites pour la mienne. Alors pourquoi au fond n’arrêtais-je pas ce manège infâme et ridicule ? Si je voulais mourir et sauver des personnes, il n’y avait qu’une seule chose à faire : cesser de boire ce sang et laisser le vampire que j’étais sombrer dans les tréfonds de la mort. Mais je ne le pouvais pas, car une fois la créature que j’étais reprenant le dessus, rien ne pouvait plus m’empêcher de passer à l’acte. C’était automatique, bestial... atroce.

Prenant un pantalon et une veste de sport, ainsi qu’un tee-shirt, je pris une douche avant de partir en direction du gymnase, traversant l’académie totalement vide à cette heure. Au moins j’allais être tranquille et me laisser aller en dépensant toutes mes forces pour tenter de fermer les yeux sur la vérité, ne serait-ce qu’un infime moment.
Une fois arrivé à la vaste salle de sport, j’ouvrais les larges portes de métal et entrais dans le lieu sombre à cause du peu de luminosité qui transparaissait derrière le monticule de nuages agglomérés, et qui filtrait à travers les larges fenêtres.
Soudain, un bruit attira mon attention. Celui de coups répétés que l’on insufflait à un objet. Je tournais donc la tête en direction d’un recoin du gymnase pour y découvrir une adolescente frappant de toutes ses forces un punching-ball devant elle. Lorsqu’elle m’aperçut à son tour, la jeune fille s’interrompit, regardant dans ma direction. Je lâchais alors un léger mais néanmoins profond soupir, essayant de calmer la déception teintée de colère qui montait en moi. Pour ce qui était d’être seul, c’était totalement râpé. Mais je ne voulais pas partir pour autant. Si jamais d’autres personnes encore venaient à arriver ce serait différent, mais s’il n’y avait qu’elle alors j’essaierai d’en faire abstraction. J’avais bien trop besoin de me défouler pour abandonner pour si peu.

Faisant comme si de rien n’était, je m’étirais et fis quelques échauffements pour éviter de faire le moindre claquage. Il ne manquerait plus que cela... Et ça n’était pas parce que je n’étais pas humain que mon corps, bien que plus puissant, ne pouvait pas se rompre si je faisais n’importe quoi avec. Je m’élançais donc par la suite sur la piste qui d’athlétisme qui passait au centre du gymnase, et courais avec souplesse sans que cela ne me demande le moindre effort. Je courais ainsi depuis de nombreuses minutes, ignorant totalement l’adolescente présente pour ne me concentrer sur rien d’autre que sur mon souffle et la régularité de mes foulées. Toutefois, au bout d’un bon trois quarts d’heure, je sentais mes forces me quitter de plus en plus. Etonné au départ, je me rendais compte que j’étais totalement en manque de ce liquide si précieux. Le fait était que je n’avais pas bu une seule goutte de sang depuis plus d’une semaine, et je ne pouvais plus tenir le rythme. Me sentant pris d’une sorte de malaise tandis que je luttais pour continuer à courir, je m’arrêtais toutefois, n’ayant pas d’autres choix. Je me dirigeais alors vers un banc éloigné, à quelques mètres de l’adolescentes qui semblait elle aussi épuisée à force de cogner contre le punching-ball sur lequel elle laissait aller toute son énergie.
Je m’assis donc et laisser mon regard se perdre au sol, reprenant mon souffle légèrement saccadé que je n’avais pas perdu depuis longtemps. Mon regard se fixa sur un point que je ne voyais pas, totalement égaré, ne pensant à rien si ce n’était à ce besoin grandissant de planter mes crocs dans une artère. La plus mauvaise part de moi-même commençait à reprendre le dessus, mais je ne voulais pas la laisser faire. En tout cas j’espérais pouvoir la contenir le plus longtemps possible...

Tout à coup, le bruit de pas qui s’approchaient de moi attira mon attention. Je ne bougeais pas mon regard, le laissant perdu vers le sol tout en reportant mon attention sur elle. Etait-elle vampire ? Immortelle ? Humaine ? Plus les mètres qui nous séparaient s’amoindrirent, et plus cette douce odeur qui s’échappait de son être me donnait la réponse que j’attendais. Il fallait impérativement que je me maîtrise...
Une fois l’adolescente arrivée à ma hauteur, je relevais lentement le regard vers elle, inexpressif et interdit. Seuls mes yeux brillèrent un instant d’une étrange manière, tandis que je faisais tout pour occulter cette petite voix dans ma tête qui m’ordonnait de faire ce que je haïssais tant. Si je devais tuer un être, ce serait plus tard et dans la forêt, à la recherche d’un animal plutôt que d’une personne qui avait encore toute sa vie devant elle. Du moins j’espérais pouvoir y arriver, bien que depuis le nombre d’années où, malgré ma famille, je vivais parmi les humains, peu d’accidents s’étaient produits. Il fallait juste espérer qu’aujourd’hui ne déroge pas à la règle.

J’observais alors avec attention la jeune fille aux cheveux roux attachés en queue de cheval, et dont quelques mèches s’étaient collées sur son visage à cause de la sueur qui faisait légèrement luire son visage aux traits fins. Mais ce qui attira surtout mon attention fut ses yeux... des yeux on ne peut plus rouges. Etait-ce naturel ? Aussi étrange que cela pouvait paraître, c’est ce qu’il semblait, oui. Sans oser me regarder, elle resta un instant silencieuse et me dit enfin :

« Rien ne vaut une bonne gorgée d'eau fraîche après un effort. »

* Oui, quand on est humain * Etais-je tenté de lui répondre. Mais bien entendu, je ne pouvais pas le faire. Paraître ce que je n’étais pas, c’est-à-dire un mec plus ou moins normal, était la chose qui me tenait le plus à cœur. Alors je ne lui répondis rien, détournant mon regard d’elle tandis que je retirais ma veste de sport pour me retrouver en tee-shirt.
Mais je retins un soupir, ne comprenant pas pourquoi cette fille était venue me parler, et plus encore : qu’elle restait là, plantée devant moi.
Elle me tendit alors sa bouteille et reprit :

« Tu veux boire ? »

Je la regardais à nouveau, les sourcils légèrement froncés, me demandant pourquoi elle faisait cela pour moi. Certes j’avais l’habitude que des adolescentes me tournent autour pour me parler même si elles n’avaient absolument rien à dire ou bien que c’était dénué de tout intérêt. Toutefois, son attitude me laissait deviner par je ne sais quel moyen qu’elle ne devait pas être de ceux des plus populaires. Après tout elle était venue ici parfaitement seule, et vue la façon qu’elle avait de s’adresser à moi je ne la sentais pas réellement à l’aise.
J’avais été tenté au premier abord de refuser sa proposition de mon habituel ton glacial, mais d’un autre côté je me disais que le faire pouvait paraitre étrange. Quel humain viendrait passer sa matinée dans un gymnase sans avoir pensé à prendre une bouteille d’eau ? Surtout après avoir couru plus de trois quarts d’heure ? Alors même si ce liquide ne me faisait absolument rien, je ne pouvais pas refuser. Autant sauver les apparences...

Je pris donc sa bouteille et lui répondis :

« Merci » Articulais-je d’une voix somme toute assez froide.

Je bus une légère gorgée d’eau pour ne pas en gaspiller, sentant ce liquide sans goût couler dans ma gorge qui ne réclamait qu’une seule autre chose bien plus amère, bien plus... délicieuse. Après avoir bu et refermé la bouteille, je fermais un instant les yeux, chassant cette énième pensée de mon esprit, et la lui rendis en hochant légèrement la tête en signe de gratitude, le visage demeurant toutefois impassible. Puis je baissais la tête, passant une main sur ma nuque, sentant ces signes plus que familiers m’envahir. Le cœur qui accélère, les muscles qui se contractent, une sorte de colère et de sauvagerie montant en moi... Il fallait que cela cesse.
Je lâchais donc un soupir et relevais le regard vers la jeune fille qui n’avait toujours pas bougée. Son visage m’était familier, et je me souvenais l’avoir déjà aperçue dans la cour de l’académie ou parfois dans les couloirs, éternellement seule. Au moins cela nous faisait un point commun... Et visiblement ici comme ailleurs, les solitaires avaient très mauvaise réputation. Si d’un regard glacial je parvenais à faire taire les rumeurs qui couraient sur moi, ça n’était peut-être pas son cas. Combien de gens se moquaient de ces personnes qui ne demandaient qu’une chose : qu’on les laisse en paix ?

« Tu es Brennan, c’est ça ? » Demandais-je soudain.

Il me semblait déjà avoir entendu ce nom prononcé par des adolescentes lorsque je l’avais croisée, si mes souvenirs étaient bons. Enfin... Pourquoi est-ce que je lui demandais ça ? Je n’avais qu’une envie, qu’elle s’en aille. Alors pourquoi je lui parlais, alors que ça n’était pas mon genre ? Je n’en savais rien. Peut-être pour penser à autre chose qu’à cette envie de la tuer...


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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Jeu 3 Mai - 19:10

Un mot. Un geste. Et un ressentiment.
Incrédulité. Voilà le mot. Voilà ce qui caractérisait l'état de Brennan. Debout sur ses deux jambes, raide comme un piquet, cheveux en queue de cheval, mèches collées sur le front, bouteille à la main, la jeune fille était interloquée. Arrivée à la hauteur du jeune homme, elle a pût découvrir les magnifiques pupilles dont il avait hérité. De loin, elle n'avait pas pût imaginer cela. Son punching-ball était plus important que la présence du garçon, mais maintenant elle était là, et ne savait pas quoi faire. Les yeux de l'inconnu l'avait impressionné. Noirs... si glacials, Bren' n'osait pas le regarder dans les yeux, non qu'elle en avait littéralement peur, mais ils la mettaient mal à l'aise. Un frisson, passa dans tout son corps, certes imperceptible, mais cela procura comme une décharge électrique. Sensation étrange, et elle en restait incrédule. Elle ne se sentait pas vraiment bien, même si, sur le coup, elle mit cette sensation sur le coup de l'effet secondaire du sport. Elle ne pouvait se douter de qui était vraiment celui se trouvant devant elle. Et puis, elle ne croyait pas à ce genre de choses, on pouvait dire que Brennan n'était pas superstitieuse. Donc elle resta et osa même adresser la parole au jeune.
Incrédulité. Ce mot résumait bien sa pensée. Elle n'avait pas pensé être capable de parler un jour à un inconnu. Même si depuis quelques temps ce n'était pas la première fois qu'elle faisait le premier pas, cela lui faisait toujours un peu bizarre. Depuis peu, elle voulait changer, essayer d'être plus ouverte. Sur le moment ça marchait bien, mais elle ne se sentait jamais être vraiment elle-même dans ces cas-là, elle trouvait qu'elle jouait un rôle. C'était certes stupide, mais cette pensée était souvent présente dans son esprit. Et parler à « Monsieur mystérieux » n'aidait pas à enlever cette idée de sa tête. En parlant de lui, après la réplique à deux balles que Bren' avait lancé, il avait enlevé son gilet noir pour faire découvrir son T-shirt, noir. Il n'avait pas de manches, ce qui faisait que la jeune fille pouvait voir les bras du garçon. Ils étaient pour le moins musclés, mais pas trop, ils étaient finement dessinés. Une preuve en plus que le jeune homme était on-ne-peut-plus sportif. Mais cela n'impressionnait pas Brennan, au bahut on pouvait dire qu'il y avait pas mal de garçons se vantant de leur corps et donc c'était devenu une habitude pour elle de voir de biceps en cours. Des genres de « Hé les filles, matez-moi ces muscles. » ou encore « Regardez ces beaux biceps, je suis sûre qu'ils vous font envie. ». Même si Bren' savait pertinemment que ces remarques ne lui étaient pas adressée, mais plutôt aux filles populaires de la classe, elle trouvait cela pathétique. Des fois, elle voulait secouer ces mecs et leur faire comprendre qu'ils se rendaient plus ridicules qu'ils ne l'étaient déjà en faisant ça. Mais elle n'osa jamais.
Voyant que le brun eut un soupir, la demoiselle se sentit bête, elle devait l'embêter, lui faire perdre son temps. Et cela l'énerva, elle n'aimait pas faire perdre le temps aux gens comme elle n'aimait pas qu'on lui fasse perdre son temps. Mais arrivée ici, elle n'allait pas s'en aller pour rien, donc elle redemanda s'il voulait boire, essayant de se convaincre qu'elle était sûre d'elle.

Maintenant elle montrait sa bouteille au jeune homme, la mettant en avant pour pas qu'il ne refuse. Enfin, ça l'étonnerait s'il refusait. Même s'il avait l'air calme et parfaitement reposé, tout humain parfaitement constitué avait soif après un tel effort. Mais bon, ne sait-on jamais, peut-être refusera-t-il juste pour embarrasser Brennan. Et puis, c'était son droit. Après tout, Brennan avait la fort habitude de toujours tout refuser.[/color]

« Merci. »

Un mot. Un geste. Et un ressentiment. Au fond d'elle, Brennan était contente. Contente qu'il ait accepté. Finalement, elle n'était pas si associable que ça et ne faisait pas fuir les autres. Même si son action était au départ innocente, elle se félicitait à la fin d'avoir pût être aussi courageuse. C'est vrai, courageuse d'avoir proposé de l'eau. Pour la plupart des gens, c'est banal. Mais pour la jeune femme, c'était un exploit. Depuis plus d'un an, elle ne parlait à personne, évitait toute forme de vie humaine et cherchait à se faire le plus discrète possible. Donc aller volontairement vers un inconnu... Lui procurait une sensation de satisfaction personnelle, elle ne se sentait pas trop seule et irrécupérable. Cela lui rendait, malgré la situation plus que banale aux yeux des communs des mortels, un peu confiance en elle. Une confiance qu'elle avait perdu il y longtemps...
Bren' observait le jeune homme étancher sa soif, qui était étrangement faible, mais la rousse ne fit pas attention à ce détail. Peu lui importait qu'il boive qu'une demi-gorgée ou 90% de la bouteille. Elle était juste contente d'avoir rendu service à quelqu'un. Elle attendit toute fois qu'il lui rende la bouteille pour enfin déclarer, dans sa tête bien entendu, qu'elle avait fait une bonne action, et cela la rendait encore plus fière qu'elle ne l'était. Même si un sentiment restait dans son cœur : L'incrédulité. Elle ne l'était plus qu'elle était fière. Car elle se sentait enfin plus qu'un fantôme dans les couloirs et cela lui faisait du bien.
Un mouvement s'effectuant devant Brennan la ramena sur Terre, laissant ses pensées en suspens. Monsieur mystère se passait la main sur la nuque. Était-il tendu ? Mal à l'aise ?... Peut-être que la posture de la jeune fille le stressait. D'un côté, elle restait là, plantée, à ne rien dire, ne rien faire. Il devait se demander pourquoi elle restait là. Quand, elle eût une idée de génie, répondre « de rien » !

« Tu es Brennan, c'est ça ? »


Trop tard, sa tentative de prise de la parole était ratée, fichue. Mais ce qui attira son attention furent ces quelques mots : Tu es Brennan. Alors comme ça, il la connaissait ? Étonnant. Elle qui voulait être le plus discrète possible... apparemment c'était raté. Elle le connaissait, c'était normal. Mais lui... la connaître ? Pas normal. Personne ne la remarquait, Bren' était invisible à la plupart des yeux des élèves de cette école, elle essayait de se faire la plus petite possible. Rien de plus normal, après son passé tumultueux, elle préférait rester dans l'ombre et laisser la place sous les projecteurs aux autres. Mais, que lui, monsieur mystérieux la remarque... La jeune fille arqua un sourcil. Méfie-toi... Pour une fois, Bren' était d'accord avec elle-même. De caractère à se méfier de tout et de tout le monde, Brennan préférait s'éloigner directement, plutôt que d'engager une discussion. Pourtant, elle voulait vraiment savoir comment il connaissait son nom.

« En personne. Mais... »

Stressée, Bren' ne réussit pas à terminer sa phrase... Elle ne voulait pas continuer. Savoir comment il connaissait son prénom ne l'intéressait pas, ou plutôt plus. Il y a juste deux secondes, elle avait voulu savoir, mais maintenant... ça ne servait à rien. Qu'aurait-il répondu? « J'ai deviné. » ou « C'est marqué sur ton front. » avec un de ces airs arrogants que les jeunes d'aujourd'hui prennent malheureusement bien trop souvent... Brennan ayant voulu rester discrète n'était pas si invisible apparemment. Mais elle ne connaissait pas son nom à lui. Monsieur mystérieux ne lui suffisait pas comme surnom, elle voulait connaître son vrai prénom. Celui auquel il répondait... Elle aurait pu se taire... Mais l'envie de savoir étai telle, qu'elle ne pût se retenir!

« Et au fait, monsieur mystérieux. Ton nom à toi, c'est quoi ? »

Elle écarquilla les yeux quand elle s'entendit parler. Les mots sortirent tous seuls ! Elle n'y croyait pas, elle venait de l'appeler monsieur mystérieux ! Elle était imbécile ou quoi ? Elle qui voulait rester discrète... C'était bien parti ! En tout cas, un sentiment resta bien ancré dans son esprit :

L'incrédulité.

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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Ven 4 Mai - 19:43

Spoiler:
 


On ne pouvait pas dire que j’avais de la chance. Tomber sur une humaine seule et sans défense alors que j’étais sérieusement en manque de sang n’était pas pour me ravir. Quoique. Au fond dans l’histoire c’était elle qui était la plus à plaindre, car à la vitesse ou ma réelle personnalité reprenait le dessus, je verrais bientôt cette opportunité comme étant une réelle aubaine. Après tout, j’étais tranquille ici. C’était le weekend, une majorité d’étudiants étaient rentrés chez eux ou bien étaient allés faire un tour en ville, personne à des kilomètres à la ronde, ... Bref, ça n’était vraiment pas le moment de craquer si jamais je voulais tenir cette promesse que je m’étais faite de ne plus attaquer d’humains. Du moins en moindre quantité, car je savais que de ne me contenter que de sang animal était loin d’être satisfaisant. Sans compter sur le goût que cela avait, c’était incomparable. Mais d’un autre côté j’avais l’habitude de ce genre de moments en dents de scie, où je priais presque pour que je réussisse à me contenir, heureusement la plupart du temps avec succès. Je l’avais fait tellement de fois, alors un peu plus ou un peu moins... C’était risqué, certes, mais de toute manière je n’avais pas le choix. Je ne connaissais absolument pas l’adolescente qui était en face de moi, mais je n’avais absolument pas l’envie de la tuer. Et si jamais je sentais que je perdais trop le contrôle, je m’en irais purement et simplement. De toute façon j’ai toujours eu une réputation de type glacial et absolument pas sympathique, alors un peu plus ou un peu moins. Mais ce que personne ne savait, c’était la raison d’un tel comportement. Personne ne savait que si je restais de marbre face à tout le monde, c’était en réalité pour maîtriser mes pulsions meurtrières. Nul n’a conscience des efforts que cela demande, surtout dans un moment pareil. Et si une majorité de vampires, à commencer par ma famille, prennent un malin plaisir à se glisser dans ce monde pour jouer avec toutes ces vies qui sont, à leurs yeux, insignifiantes, je n’ai jamais été comme cela. Jamais.

La bouteille d’eau que me tendait la jeune fille attira mon attention. J’étais bien tenté de la refuser, pour la simple et bonne raison que non seulement ce liquide ne me serait d’aucune utilité, mais aussi et surtout pour couper court à cette conversation le plus tôt possible, avant qu’elle ne finisse mal. Mais je voyais pourtant qu’à son visage, elle ne devait pas avoir l’habitude de parler aux autres. Il est vrai que les rares fois où je l’avais aperçu, elle était totalement seule. Et au vu de son visage et de son regard, je sentais combien elle prenait sur elle. Etre sympa n’était vraiment pas dans ma personnalité, car trop habitué à m’être forgé ce masque de glace. Pourtant, je comprenais au fond ce qu’elle ressentait. Si je m’étais exclu à cause de ce que j’étais, elle, elle semblait totalement rejetée de ce monde auquel, pourtant, elle appartenait. Ou peut-être était-ce également par choix pour sa part, je n’en savais rien. Mais au fond nous n’étions pas si différents, du moins seulement sur ce point, et qui plus est, refuser de boire pourrait lui sembler vraiment étrange. Si je voulais m’intégrer, je devais sembler normal et continuer à sauver les apparences. Après tout, j’avais déjà tout failli ruiner en démolissant une des puissantes étagères de bois de la bibliothèque dans un excès de colère il y a de cela plusieurs mois à présent, alors que j’étais avec deux adolescentes elles aussi « particulières », alors j’avais absolument intérêt à rattraper le coup.

Je pris donc la bouteille, lançant un simple « merci » au passage. Parler n’avait jamais été mon fort, et surtout lorsque je sentais que j’avais tout intérêt à refreiner l’être réel qui sommeillais en moi. Là, j’étais encore moins ouvert que d’habitude. J’aurais vraiment tout donné pour être comme elle, si elle le savait... Pouvoir me lever chaque jour sans avoir peur de tuer qui que ce soit, avoir une vie normale et des nuits où je pourrais dormir, au lieu de les passer à chasser lorsque je commençais à y voir rouge. Bref...
Je bus une gorgée d’eau pour que cela paraisse naturel, sans non plus en rajouter. Non seulement ce liquide n’avait aucun goût, mais qui plus est aucun intérêt pour moi, alors autant le lui laisser si elle en avait besoin. Et pour une étrange manière, j’avais l’impression que mon geste lui avait fait plaisir. Sans poser mon regard sur elle je le sentais. Ce battement cardiaque, que mon ouïe de monstre pouvait percevoir, augmentait légèrement, comme à chaque fois qu’un sentiment nous prend. Etait-ce du contentement ? Sans doute. Si elle n’avait pas l’habitude de parler, peut-être était-elle fière de ce geste qu’elle avait réussi à faire en prenant sur elle.
Je refermais la bouteille, retenant une grimace en sentant cette eau couler dans ma gorge. Etait-ce du à mon goût pour le sang que je trouvais cela vraiment mauvais, ou bien cette chose n’avait vraiment pas la moindre saveur ? Les deux, sans doute. Je la remerciais d’un simple signe de tête, lui tendant la bouteille, croisant une nouvelle fois ses étranges yeux rouges qui, pourtant, ne lui donnaient pas un regard dur, au contraire.
Puis je quittais la profondeur de son regard, ne pouvant contenir un soupir de fatigue. Je passais une main sur ma nuque dont les muscles me torturaient à cause de toute cette tension que je cumulais depuis le début. Je fermais un instant les yeux, la tête basse, prenant une inspiration pour pouvoir me détendre un minimum. Enfin, « détendre » est un bien grand mot venant de moi. Toutefois, un nouveau son sourd attira mon attention, celui de son cœur qui accélérait dans sa poitrine. De l’angoisse ? Pourquoi cela ?

« Tu es Brennan, c'est ça ? » Lui demandais-je tout à coup, sans crier gare.

Pourquoi disais-je cela franchement... ? Je me souvenais avoir entendu son nom alors que je la croisais dans un couloir, du moins me semblait-il. Je n’allais pas en donner ma main à couper après tout. Et visiblement, elle semblait être surprise de ce que je lui avais demandé, au vu de son haussement de sourcil, auquel elle ajouta aussitôt :

« En personne. Mais... » Commença-t-elle, avant de s’interrompre.

Son regard se perdit un instant durant lequel elle semblait réfléchir activement, avant qu’elle ne me dise à son tour :

« Et au fait, monsieur mystérieux. Ton nom à toi, c'est quoi ? »

Je fronçais un instant les sourcils en entendant ses mots. « Monsieur mystérieux » ? C’était la première fois qu’on me la faisait celle-là... Je retins un nouveau soupir, relevant mon regard vers elle en lui répondant de mon habituelle impassibilité :

« Neal. »

A vrai dire, même si je ne le montrais pas, son espèce de surnom qu’elle m’avait donné m’amusait. Enfin, « amusé » était un bien grand mot, car aucune chose n’était jamais parvenue à me faire sourire en fait, et ce depuis aussi longtemps que peuvent remonter mes souvenirs. J’étais indifférent à tout et n’importe quoi, renvoyant l’image d’une personne parfaitement insensible alors qu’en réalité une cascade d’émotions me tuait de l’intérieur. Et si la tristesse et la colère étaient de celles que je connaissais parfaitement, la joie, en revanche, ne m’avais à aucun moment ne serait-ce qu’effleurée. Jamais un rire n’avait franchis la barrière de mes lèvres.

« Au fait. Si tu veux pouvoir cogner de toutes tes forces, tes mains doivent être à la hauteur de ton visage. » Lui dis-je en promenant mon regard autour de moi, avant de le poser sur le punching-ball contre lequel elle s’était défoulée.

Cela faisait tellement longtemps que je n’en avais pas fait... Cela me tentait bien à présent.


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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Dim 20 Mai - 20:04

Surtout, rester naturelle.

« Et au fait, monsieur mystérieux. Ton nom à toi, c'est quoi ? »


Stop! Qu'est-ce qu'elle venait de dire là? Monsieur mystérieux?! Au mon dieu, pardonnez-là! Pardonnez-là de cette bêtise, de cet infâme lapsus! Enfin, il ne faut pas trop en faire non plus... ce n'est pas si grave que ça... enfin, peut-être... Non? Et puis merde! Même si Brennan aimerait RESET ce qu'elle venait de dire, ceci était, théoriquement parlant, impossible. Alors il fallait faire avec. Elle allait éviter de partir en courant, se creuser une tombe et s'enterrer si pieds sous terre. Mieux valait garder une tête d'ahuri, avec les yeux écarquillés, pour faire genre « Je ne voulais pas dire ça! » ou encore « Ce n'est pas moi qui ai dis ça, je le jure! ». Mais, à trop s'occuper de sa propre réaction, elle en aurait presque oublié que le plus surpris dans cette histoire était le principal concerné. Il fallait évaluer les dégâts... Elle fixa le jeune homme, scrutant une quelconque réaction.

« Neal. »


Net, précis et... étrangement dénué de réaction. Étonnée, Bren' n'en revenait pas. Même s'il avait froncé les sourcils, il n'avait pas l'air d'avoir aperçu qu'elle l'avait appelé par ce surnom certes très, très bizarre. D'ailleurs elle eut vite fait de bannir ce surnom de son esprit. Il ne fallait pas que cet incident recommence de ci-tôt. Et mieux valait-il utiliser tous les moyens possibles. La demoiselle, de nature renfermée et discrète, faisait tout de travers aujourd'hui. De plus, elle ne comprenait pas pourquoi cela arrivait. Bien sûr, elle voulait essayer de devenir ne serait-ce qu'un peu plus sociable, mais pas de cette manière! Là, elle se faisait passer pour une attardée mentale. Enfin bon... Neal, autant l'appeler ainsi, puisque c'est son prénom, n'était pas dans sa classe et avait l'air plus âgé. Donc elle ne pouvait pas le recroiser dans ses cours, ce qui la rassurait quand même un peu. Elle pouvait plus facilement faire ce qu'elle voulait, et l'image qu'elle donnait d'elle-même n'allait pas changer sa situation au sein de l'établissement.
Mais revenons à nos moutons. Le jeune était là, et elle aussi. Elle pouvait encore essayer de sauver son image ou plutôt garder son peu de dignité qu'elle avait, parce que oui, la dignité et la fierté de la jeune fille sont très importantes pour elle. C'est, ce qu'elle a de plus précieux. Le jour où elle perd ça, même moi je ne sais pas ce qu'il adviendra d'elle. Donc, nous disions qu'elle pouvait encore sauver son image. Mais Bren' ne savait pas quoi faire. A chaque fois qu'elle voulait prendre la parole, elle avait peur de faire encore une boulette et donc aucun son ne sortait de sa bouche. Heureusement, le jeune homme, lui, n'avait pas de problèmes pour parler.

« Au fait. Si tu veux pouvoir cogner de toutes tes forces, tes mains doivent être à la hauteur de ton visage. »

Elle n'y avait pas pensé. Quand elle avait boxé tout à l'heure, elle n'avait pas pensé à comment taper dans le punching-ball. Pour elle, il fallait juste faire en sorte de ne pas frapper mal, pour ne pas se faire mal, mais de là à ce qu'il y ait une technique précise pour frapper... Elle n'aurait pas imaginé. D'un côté, c'était prévisible, aucun sport n'a pas de règles où d'astuces. Tout est compliqué, comme si les Hommes faisaient exprès de créer des sports difficiles ou dénués de raison. La boxe, au moins, défoulait et relaxait. Le saut à la perche par exemple, rien de plus débile. Ok, les gens sautent haut, mais il sont aidés d'une percher, et puis... Où est le mérite? Nul part. Enfin, si certains trouvent une satisfaction personnelle là-dedans, libres à eux de faire ce qu'ils veulent et de sauter avec ce qu'il veulent, où ils veulent et quand ils veulent.
Brennan pivota vite fait vers l'endroit d'où elle venait, sentant ses membres se raidir à la vue du punching-ball. Ils ne se remettaient pas totalement de l'effort physique qu'ils avaient dû faire. Elle se retourna et vit que le garçon regardait aussi dans cette direction. Voulait-il en faire? Elle avait laissé les gants là-bas.

« Ah bon? Je ne savais pas... Je n'ai jamais fait de boxe avant. Mais tant qu'à faire, tu n'as qu'à me montrer comment ce sport se pratique. »


Elle ne lui lassa pas le temps de répondre, trop effrayée de recevoir une réponse négative. Elle lui prit la main, la trouva étonnamment froide, mais ne s'en préoccupa guère. De cette manière, elle pût l'entrainer vers le punching-ball. Il devait être surpris, mais elle ne pût pas le voir. Comme il était derrière elle, Bren' ne pouvait savoir qu'elle était la réaction du jeune homme. Elle, néanmoins, sentait la fierté monter en elle. Oui, elle avait réussit à le toucher pour l'amener quelque part. Et un grand pas en avant pour la sociabilité de Bren'. Elle l'avait remarqué, plus elle était ici, plus elle redevenait comme avant. Certes, il fallait beaucoup de temps, mais il y a 8 mois, elle n'aurait jamais osé faire une chose pareille. Donc, pour ne pas faire durer ce moment trop longtemps, et sentir cette main étrangement froide sr sa peau. Brennan accéléra le pas.
Ils arrivèrent à la hauteur du punching-ball, la rousse s'arrêta lentement en face du gros sac. Elle allait savoir comment frapper dans cet objet très lourd, elle allait apprendre à taper, à se battre. Elle allait pouvoir se défendre, le jour où elle reverrait son tuteur. Elle sentit un nouveau sentiment monter en elle, un sentiment d'assurance, de pouvoir. Ici, dans cet établissement, dans ce gymnase, elle allait pouvoir s'entrainer à se battre. D'une part grâce à Neal, mais aussi parce que à cet instant elle prit une décision. A partir de ce jour, elle allait venir s'entrainer à la boxe régulièrement, même si elle n'avait pas de temps le jour, elle serait prête à venir après 22 heures, les jours de canicule, de pluie, de grêle, de neige... Tous les jours, pour pouvoir se retrouver devant son tuteur et ne pas avoir peur.
Mais... Quelque chose la sortit de son instant de trans extrême. Du froid... la main du jeune homme! Elle enleva vite sa main et prit les gants de boxe. Surtout, rester naturelle. Ne pas faire transparaitre que tu trouves que ce garçon est un glaçon ambulant.

« Tiens, voilà des gants... »


Elle les lui présenta, hésita, mais continua sa phrase. Elle n'en était plus à si peu de choses près.

« Tes mains sont gelées... Tu as froid? »


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Jeu 5 Juil - 21:16

Spoiler:
 

Autant dire que l’humaine ne semblait pas à l’aise, mais à vrai dire je l’étais tout autant qu’elle. Mais certainement pas pour les mêmes raisons en tout cas : elle ne devait pas être à l’aise de parler à quelqu’un, quoique je ne l’étais absolument pas non plus pour la simple et bonne raison que je me plaisais à fuir toute relation avec n’importe quel être quel qu’il soit, m’enfermant dans ma solitude existentielle. Mais outre le fait que je me complaisais dans ma noirceur et dans mon manque de sociabilité poussé à l’extrême, une différence était réellement de taille entre nous : elle, elle ne luttait pas pour ne pas me tuer à cet instant-même, tandis que je déployais toute ma force intérieure pour parvenir à ne pas planter mes crocs dans sa chair. Alors autant dépasser mon renfermement et essayer de détourner l’attention sur autre chose que sur le bruit inaudible à son oreille mais qui résonnait comme le son d’un tambour dans une grotte de son cœur qui propageait son sang à l’intérieur de son corps ridiculement impuissant face à moi. De toute manière, même si je ne pouvais pas tuer dans l’enceinte de l’école pour ma propre survie, j’en avais assez de semer la mort n’importe où, quel que soit l’endroit où j’allais. Je ne voulais pas que cette Brennan ne meurt, ça n’était pas le moment. Elle était trop jeune, et dans un certain sens à peu près supportable, chose qui m’était bien rare de constater chez les autres créatures. Je ne supportais pas la moindre présence, et le moindre mot à mon égard m’exaspérait plus qu’autre chose. Mais jusqu’à présent en tout cas, force était de constater que je n’avais pas soupiré d’agacement la moindre fois. C’était un début...

« Au fait. Si tu veux pouvoir cogner de toutes tes forces, tes mains doivent être à la hauteur de ton visage. » Lui dis-je soudain, en posant mon regard sur le punching-ball contre lequel elle s’était défoulée quelques minutes à peine plus tôt.

C’était la première des règes qu’il fallait savoir si l’on tenait à avoir un coup puissant et efficace tout en protégeant son visage de l’attaque adverse. Bien sûr dans le cas présent elle ne risquait pas grand-chose, mais autant faire les choses dans les règles de l’art.
La jeune fille regarda un instant l’objet, avant de me répondre :

« Ah bon? Je ne savais pas... Je n'ai jamais fait de boxe avant. Mais tant qu'à faire, tu n'as qu'à me montrer comment ce sport se pratique. »

Quoi ? Non mais je n’avais pas que cela à faire non plus ! Mais avant que je n’ai eu le temps de protester quoi que ce soit, l’adolescente me prit brusquement par la main, avant de m’entraîner d’un pas rapide et déterminé vers le punching-ball qui semblait nous attendre. Je lâchais alors un soupir presque inaudible, désemparé. Mais d’une certaine manière j’avais la sensation que cet acte qu’elle venait de commettre était coûteux à ses yeux. Et à vrai dire, il n’y avait d’un autre côté rien de vraiment étonnant à cela. Les rares fois où j’avais pu l’apercevoir elle était irrémédiablement seule, alors pour une fois que quelqu’un parlait avec elle... Mais il fallait que cela tombe sur moi, qu’avais-je fais pour mériter cela, franchement ? Non pas qu’elle était insupportable, ce qui n’était absolument pas le cas, mais je n’avais rien demandé si ce n’est que de pouvoir avoir un instant à moi tout seul, dans le calme et loin de toute présence afin de pouvoir remettre les choses en place dans ma tête.

Lorsque nous arrivâmes devant le sac suspendu à sa poutre, je sentais que l’adolescente espérait quelque chose. Mais quoi ? Que je lui apprenne à boxer, visiblement oui, mais pourquoi cela pouvait sembler être aussi important à ses yeux ? Je n’en avais pas la moindre idée. J’avais beau avoir des capacités exceptionnelles aux yeux d’un humain, je n’étais pas doté de la faculté d’être télépathe pour autant.

Brusquement, la rouquine lâcha ma main comme si elle venait de se rendre compte de son geste ou que sais-je encore, tentant néanmoins de prendre les gants qu’elle avait posé au sol tout en ayant l’air naturelle. Mais je voyais toutefois que ça n’était pas le cas, de même que j’entendais son cœur prendre un rythme plus rapide comme si quelque chose l’avait... effrayé.

« Tiens, voilà des gants... » Fit-elle en se retournant vers moi pour me les tendre.

Je la remerciais d’un simple signe de la tête, les enfilant alors tout en pensant que j’aurai particulièrement intérêt de surveiller ma force pour qu’elle paraisse être celle d’un humain quelconque. Car il était clair que si je tapais dans le sac avec ma force réelle, je ne donnais pas cher de celui-ci.

« Tes mains sont gelées... Tu as froid? » Ajouta-t-elle d’une voix étrange.

Je m’arrêtais de bouger sur le coup, avant de serrer l’attache des gants autour de mes poignés, relevant un instant le regard vers elle pour croiser son regard le temps de lui répondre dans un banal haussement d’épaules :

« Un peu, mais ça ne fait rien. » Lui répondis-je d’une voix que j’essayais de paraître calme, mais qui fut néanmoins sèche.

Lui répondre que non aurait semblait d’autant plus bizarre, alors autant prétendre le contraire ce qui pourrait expliquer pourquoi j’étais en réalité aussi froid qu’un cadavre. Car au fond je n’étais rien d’autre que cela, une sorte de zombie assoiffée de sang encore que les choses étaient différentes pour moi en tant que né vampire. Je n’avais pas perdu la vie directement sinon je serai simplement resté dans le corps d’un nouveau-né, mais j’avais eu suffisamment de sang pour que mon corps se développe, d’où l’importance également pour moi d’ôter de nombreuses vies pour me délecter de leur substance vitale dans mon propre intérêt. Mais bien entendu je ne disais pas cela sous une forme de prétention, bien au contraire. Je haïssais ce que j’étais au plus profond de mon être, et cela ne changerait jamais même si je commençais à m’en faire une raison. Encore que, peut-on vraiment s’y habituer un jour ? Enfin, au moins j’allais avoir « l’immense chance » d’avoir toute l’éternité devant moi pour changer d’opinion à mon sujet. Quelle joie...

Je sortais enfin de mes songes, espérant que ce moment d’absence ne lui ait pas trop paru être étrange. Quoiqu’au fond j’avais toujours eu la réputation de l’être, alors un peu plus ou un peu moins...

« Bon. Alors le truc c’est d’avoir toujours une posture légèrement de profil pour que tu puisses esquiver si l’autre vient à t’attaquer. Et garder tes mains à la hauteur du visage, comme cela. Tu vas avoir plus de force dans tes coups. » Lui dis-je en cognant alors contre le punching-ball pour le lui montrer, maîtrisant ma force.

« Après tu as des tonnes de manière de frapper qui sont différentes, mais travailles déjà sur ta posture. » Lui dis-je.

J’enchaînais quelques mouvements directs, crochets et autres uppercut, essayant de me remettre un peu dans le bain. En tout cas, j’espérais bien qu’elle n’allait pas me demander de lui apprendre à se battre, quoi que d’un autre côté elle semblait le vouloir pour une raison qui m’était inconnue. Je m’arrêtais alors puis, après une brève hésitation, lui demandai :

« Peut-être que je me trompe mais... contre qui tiens-tu tant que cela à te venger ? » Fis-je soudain en tournant la tête vers elle, plongeant mon regard dans le sien.


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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Sam 4 Aoû - 10:53

C'était sa vie, la sienne, à elle seule.

Quelle réponse attendait-elle? Que voulait-elle entendre? Avec une question aussi abrutie, c'était sûr qu'il réponde ainsi. Il n'allait pas commencer à déballer sa vie, faut pas abuser! Alors oui, il avait un peu froid, mais sans plus. Certaines personnes ont le sang plus froid que d'autres et peut-être que Neal fait partie de cette catégorie de gens ayant le sang le moins chaud possible. Il devait avoir de la chance, il ne devait pas se faire souvent piquer par les moustiques. Car oui, ce sont ceux ayant le sang le plus chaud qui se font le plus piquer. Mais même s'il lui avait dit qu'il avait juste "un peu" froid, elle trouvait cela quand même un peu bizarre d'avoir les mains si glacées...

Brennan avait beau être en pleine réflexion, le brun commençait déjà à taper dans le punching-ball. Les va-et-vient du sac devant elle la ramenèrent à la réalité, et lui permit d'écouter ce que Neal disait. Elle le regardait, puis ses gants tapant dans la masse et enfin le punching-ball. Tout s’enchaînait automatiquement. Un coup bien frappé donnait un mouvement de la cible plus voyant, plus impressionnant. Rester de profil et avoir les mains près du visage... C'est sûr que quand on voyait le résultat de ces deux techniques, les coups étaient déjà plus maîtrisés que ceux portés par Bren' elle-même. Et le fait qu'il l'ait vu se donner à fond dans un sport qu'elle ne connaissait pas assez bien, la gênait un peu. Elle imaginait l'image qu'elle avait donné d'elle, une image qu'elle n'aimait pas. Il lui donnait des conseils, lui montra différentes techniques, certains coups, mais le jeune fille n'arrivait pas à emmagasiner. Il fallait qu'elle le fasse, qu'elle pratique ces coups, en gros qu'elle mette la main à la patte. Mais avant qu'elle puisse dire quoi que ce soit ou même faire un geste, le garçon s'arrêta et posa la question qu'il n'aurait pas dû poser.

« Peut-être que je me trompe mais... contre qui tiens-tu tant que cela à te venger ? »


A ce moment précis, il attendait une réaction, il l'observait. Elle le savait, car il la regardait, la fixait. Elle n'aimait pas ça, car c'était comme s'il cherchait à trouver la réponse à sa question dans son regard. Mais il ne pouvait pas voir son sang se glacer. Pendant une fraction de secondes, son sang n'avait plus bougé et son cœur arrêté de battre. Pour ne pas montrer au jeune homme sa surprise totale, elle fit la même chose. Elle le regarda intensément, essayant de rester calme et sereine. Comment savait-il qu'elle voulait se venger ? Ou plus simplement, comment savait-il tout simplement qu'elle était en colère contre quelqu'un au point de réfléchir à leur possible prochaine rencontre et l'éventuelle tournure des choses. Elle voulait savoir pourquoi il avait posé cette question, maudite aux oreilles de la rousse. Elle détestait penser à son tuteur, à son passé. Car elle préférait le voir dans le futur, le voir succomber sous ses coups, et pas penser à lui, dans le passé, en pleine forme. Mais même si elle pensait toujours à lui par terre, abattu par les coups de la jeune fille, Bren' savait bien que jamais elle le frapperait. Elle ne pouvait pas faire ça, enfin... Une partie de sa conscience lui interdisait de penser au fait de se battre contre lui, et l'autre partie lui criait de le retrouver et lui faire comprendre tout le mal qu'il lui avait fait subir. Et bien sûr, le souvenir où elle l'avait vu pour la dernière fois revint. La neige, le froid, le brouillard, son "meilleur ami"... Les dernières minutes de sa vie avant son voyage et son arrivée à Prohibition Night. Tout passa dans sa tête à vitesse grand V, mais paraissait durer des heures pour Brennan. Des larmes arrivèrent dans ses yeux, mais ne tombèrent pas. Elle s'interdisait de pleurer, surtout en présence de quelqu'un qu'elle connaissait depuis même pas une heure, rappelons-le. Elle le fixait toujours, essayant de cacher sa subite montée d'émotion. Et enfin lui sortit:

« Mon tuteur. »

Sec, rapide et sans une once de gentillesse dans sa voix. Limite elle crachait le mot. Cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas dit. Mais elle avait espéré ne pas le redire de si tôt. Oui, elle a répondu à la question, oui elle aurait tout simplement pu l'éviter, mais la rouquine n'est pas comme ça. Elle est franche, directe, honnête. Elle ne tourne pas autour du pot et donc elle n'évite pas la question. Alors oui, elle répond, mais pas forcément gentiment. Directement après cette réponse peu amicale, elle détourna le regard. Il ne devait pas apercevoir la tristesse qui l'avait envahi quand elle avait répondu. Mais pas que la tristesse, la haine aussi. Et puis, elle ne voulait pas qu'il pose plus de questions. Elle était peut-être directe, mais n'aimait pas raconter sa vie à tous les intéressés. C'était sa vie, la sienne, à elle seule.

« Et merci de garder ça pour toi. Même si je ne t'ai pas donné de détails, je pense que tu comprends pourquoi je ne veux pas que tout le monde soit au courant de ma situation "familiale". »

Elle chercha autour d'elle et trouva, par chance, une autre paire de gants. Toujours aussi délavés. Elle les enfila et commença à frapper dans le punching-ball, sans même jeter un regard à Neal. Non, il ne devait pas voir le désespoir qu'habitait la rouquine. Il n'avait pas le droit, personne n'avait le droit. Elle devait être seule, elle était mieux seule dans ses souvenirs, son passé... Elle frappa, et remarqua au fur et à mesure que les conseils donnés étaient remarquablement efficaces. Elle se déchaînait, transpirait à cause de l'effort, mais s'en fichait. Elle l'imaginait, lui. Sont tuteur. Et cela lui apportait une satisfaction tellement forte qu'elle pouvait presque en sourire, mais Bren' est humaine. Jamais elle ne sourirait pour une mort. Même de celle de son tuteur. Ses larmes disparurent, sa tristesse avec. Mais... ce souvenir revint à la charge. Et à la place de voir la personne qu'elle haïssait le plus, elle le vit lui.
Elle s'arrêta d'un coup. Elle ne pouvait pas frapper, enfin elle ne pouvait plus frapper. Donc quand le punching-ball se rapprocha de Bren', il l'envoya à terre. Elle sentit la douleur s'abattre sur elle en plein visage, la douleur de son passé, ses sentiments refoulés. Elle ne fit rien pour empêcher sa chute, car elle savait qu'elle devait tomber. Un jour ou l'autre. Elle devait faire face à ça, à ses sentiments. Depuis ce jour d'hiver, elle avait fuit, refoulé ses émotions, ses sentiments, essayé d'oublier toute sa vie. Elle devait tomber, s'arrêter 2 secondes et faire face. Et c'est ce qu'elle fit. Quand elle sentit le sol, tout partit, tout souvenir, toute sensation, toute émotion. Tout. Arrêter de fuir... Voilà ce qu'elle venait de faire. Accepter sa vie, son passé. Puis petit à petit, une émotion revint. Et c'était la rage qu'elle avait envers son tuteur, mais cette fois, c'était plus fort, plus présent. Alors elle se releva, plus déterminée que jamais. Elle regarda Neal, qui au passage devait la prendre pour une attardée mentale au plus haut point, et lui dit:

« Je veux que tu m'apprennes à me battre, vraiment. S'il te plaît, c'est la dernière chose que je te demande. Mais il faut vraiment que je sache me battre... »

Devait-elle lui demander de se battre contre elle? Elle, la petite fille menue qui n'avait peut-être pas de force, rien dans les bras, juste assez dans les jambes pour s'enfuir bien loin?

« Je veux me battre contre toi. »

La réponse était oui.

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Dernière édition par Brennan L. Martin le Mar 20 Nov - 17:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Jeu 9 Aoû - 12:31

Celui qui n’a aucun secret n’a jamais vécu. C’était un concept que j’avais intégré depuis longtemps, me rendant compte que tous ceux qui m’entouraient ne vivaient qu’à travers le mensonge et cumulaient encore et toujours plus de ces secrets qui ternissent l’existence. Tout est faux, toujours, nul ne montre son véritable visage. Pas même moi. Pas même elle. Je lui montrais comment se battre, mais je savais que cet enseignement n’était pas le résultat d’une simple curiosité de sa part. Et je l’entendais. Son cœur qui s’emballait, cognait avec toujours plus de ferveur alors que mes coups s’enchaînaient avec une force mesurée pour qu’elle ne se doute jamais de rien. Elle crevait d’envie de savoir se battre, de savoir porter des coups avec tant de force et si bien placés que son adversaire ne s’en relèverait pas. Je l’entendais battre comme un sourd dans sa poitrine, mu par cette excitation mêlée de crainte qui montait en elle. Cela ne pouvait pas m’échapper alors que moi aussi indirectement je lui mentais. Aucun des deux ne montrait son véritable visage à l’autre. Dissimulés derrière ce masque, nous ne montrions à l’autre que ce qu’il avait envie de voir, ou du moins qu’il pouvait voir. Mais si elle ne pouvait pas se douter que la créature qui se tenait devant elle à ce moment précis et avec qui elle échangeait quelques mots luttait pour ne pas la tuer par simple mesure de survie, je commençais en revanche peu à peu à la comprendre. Du moins je comprenais que son besoin irrépressible de se tourner vers la boxe était tourné vers un tout autre but que celui de passer son temps en s’amusant. La question était de savoir pourquoi...

« Peut-être que je me trompe mais... contre qui tiens-tu tant que cela à te venger ? » Lui demandai-je soudain.

Pourtant j’étais certain de ne pas me tromper. D’avoir touché un point chez elle qui devait demeurer caché. Mais pour autant que je lui posais cette question, je ne désirais pas franchir ces barrières protectrices qu’elle avait érigées en elle. Cela ne me regardait pas, je le savais, et si elle ne désirait pas me répondre il en allait de son droit. Jamais je ne me permettrai de dépasser ses limites pour satisfaire ma curiosité certainement mal placée pour elle, de même que je n’allais jamais laisser personne faire la même chose vis-à-vis de moi. Le problème avec les secrets, c’est qu’ils nous protègent tout autant qu’ils peuvent nous détruire le jour où ils viennent à être découverts, et durant ce laps de temps pendant lequel nous nous efforçons nous-mêmes de fermer les yeux pour qu’ils cessent de nous consumer de l’intérieur.

Son cœur semblait dès lors avoir loupé un battement avant de reprendre un rythme bien plus rapide qu’à l’accoutumée. Lui-même venait de parler à sa place. Mais pourtant son visage, lui, semblait démontrer des ressentiments inverses. Impassible, elle se contentait de relever mon regard sans broncher. Peut-être que ce comportement aurait pu passer pour parfaitement normal envers un humain, mais en tout cas pas pour moi. Son corps répondait autre chose, de même que son regard était même bien trop insistant pour demeurer naturel. Sept. Sept secondes. C’est le temps qu’elle mit à me toiser sans broncher. Beaucoup trop si elle n’avait rien à se reprocher. Je le voyais, mais je ne disais rien. Cela ne me regardait pas, j’étais déjà allé trop loin. Mais étrangement quelque chose en elle éveillait cette curiosité que je possédais et que je n’avais encore jamais témoignée qu’à une seule autre personne à part elle. Melody. Cette même Melody qui avait à nouveau disparu de l’Académie alors que je venais tout juste de la retrouver, cette humaine aussi forte que fragile que j’avais aimé au point de m’en détruire. C’était entre autre pour cela que j’avais également tenu à me vider l’esprit. Je devais oublier son visage, la faire disparaître une bonne fois pour toute de ma vie. Et cette Brennan... elle avait quelque chose d’étrange en elle, d’ambigüe. Elle semblait être effrayée par les autres, du moins tellement reclus qu’elle devait être sur la défensive, fuyant toute présence. En même temps elle semblait vouloir ardemment lutter contre ses démons intérieurs qui la détruisaient à petit feu. Tout ce qu’il fallait, c’est qu’elle trouve la force en elle pour les conjurer, pour se battre enfin. Mais avait-elle seulement la certitude d’être à la hauteur pour ce faire ?

Demeurant profondément silencieux, je la laissais se débattre avec sa conscience et tous ces souvenirs qui semblaient remonter à la surface avec tant de force que ses yeux commencèrent lentement à luire de ces larmes qui montaient en elle. Mais d’une voix qu’elle tentait de garder pleinement assurée, elle me répondit sur un ton rendu dur et sec par tout ce qu’elle devait déployer en elle pour ne pas flancher.

« Mon tuteur. »

Détournant enfin le regard, elle essayait de renfermer cette rage et cette tristesse que cet homme semblait lui faire ressentir. Qu’avait-il bien pu lui faire, je n’en avais pas la moindre idée. Mais une chose était sûre, je n’allais certainement pas lui demander. Elle en avait déjà dit plus qu’elle ne l’aurait souhaité, j’en étais intimement convaincu. La seule chose dont je pouvais logiquement être certain, et qui ne demandait aucun effort de déduction, était que cet être lui avait gâché la vie et fait enduré bien des souffrances, laissant alors en elle des cicatrices qu’elle n’avait pas encore su refermer.

« Et merci de garder ça pour toi. Même si je ne t'ai pas donné de détails, je pense que tu comprends pourquoi je ne veux pas que tout le monde soit au courant de ma situation "familiale". » Me demanda-t-elle, avant de chercher une autre paire de gants du regard.

D’une voix devenue soudainement calme et posée, dénuée de ma froideur habituelle que j’avais toujours témoigné envers qui que ce soit, je lui répondis :

« Quel intérêt d’en parler. Ton histoire ne concerne personne d’autre que toi-même. » Lui dis-je, alors que cette dernière se dirigeait à son tour vers le punching-ball pour mettre déjà ses quelques connaissances à exécution, sans le moindre regard à mon égard.

Ses quelques premiers coups furent tout d’abord hésitants, bien trop réfléchis pour pouvoir être efficaces alors qu’elle essayait d’intégrer ce que je venais de lui montrer. Puis peu à peu, la confiance suivie de l’envie et de la rage notamment s’emparèrent d’elle, la poussant dans ses retranchements pour pouvoir frapper plus fort et surtout bien plus précisément. Visiblement, elle apprenait plutôt vite, même si c’était encore loin d’être efficace si jamais elle désirait réellement pouvoir se battre. Mais la boxe n’est pas quelque chose que l’on apprend en un jour, d’autant plus que la force n’était pas seulement le chaînon manquant en elle. Non, ce qui lui manquait avant tout, c’était de la confiance en elle.
Silencieux, je la regardai faire sans bouger, observant ses coups qui s’enchainaient les uns à la suite des autres. Son cœur battait à l’intérieur de son corps avec de plus en plus de vitesse et de force, son sang se propageant toujours plus vite tandis que sur sa peau luisaient des gouttes de transpiration, faisant redoubler de force son odeur humaine qui était de plus en plus prenante. Je reculais alors de quelques pas, m’éloignant tout juste même s’il aurait fallu plusieurs bons mètres pour ne plus que je la sente à ce point. Je fermai un instant les yeux, tentant de respirer avec calme tout en me défocalisant de la jeune humaine. Puis, soudain, ce silence qui s’installa me fit sortir de mon état méditatif passager, alors que Brennan venait de s’arrêter, avant qu’un coup sec ne retentisse une fraction de seconde plus tard alors que le sac venait de la percuter durant un instant d’inattention de sa part. J’aurai pu la rattraper, mais je ne le devais pas. J’étais presque à cinq mètres d’elle, et franchir cette distance en une seconde à peine me serait plus qu’aisée, mais également plus que traitre. Je ne pouvais rien faire, si ce n’était me diriger vers elle à la manière de tout humain normal tandis qu’elle se relevait, le regard devenu plus déterminé que jamais. Et avant que je n’ai eu le temps de lui demander si elle allait bien, la rousse me dit sans détour :

« Je veux que tu m'apprennes à me battre, vraiment. S'il te plaît, c'est la dernière chose que je te demande. Mais il faut vraiment que je sache me battre... »

Je la toisais de ma hauteur, fronçant légèrement les sourcils. Mais à vrai dire je n’étais pas réellement surpris par sa demande. Toutefois que pouvais-je répondre à cela ? Les choses étaient bien plus complexes qu’elle ne pouvait s’en douter. 1) Nous étions loin d’avoir la même force, 2) Cela reviendrait à passer du temps avec elle et donc tirer un trait sur ma solitude durant quelques heures, 3) Elle était humaine et j’étais un vampire, ce qui reviendrait à lui faire prendre des risques inconsidérés sans qu’elle ne s’en doute. Et enfin 4) Je pourrai à tout moment mettre mon secret en danger...

« Je veux me battre contre toi. » Reprit-elle toutefois, me sortant dès lors de mes réflexions.

Pris de court et surtout totalement perdu, seul un soupir sortit de ma bouche. Lui dire oui serait totalement stupide, c’était certain. Je devais refuser, je n’avais pas d’autres choix...

« Ok. » Lui répondis-je simplement.

Et merde... Qu’est-ce qui avait bien pu me passer par la tête ? Et surtout pourquoi tenais-je tant que cela à l’aider ? Je ne lui devais rien.

« Mais passons un accord. Tu fais ce que je te dis, et les choses s’arrêtent là. Tu ne me poses aucune question, et je ne t’en poserai aucune à mon tour. D’accord ? »

Demander l’aide d’un vampire... La pauvre, si elle savait.


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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Jeu 9 Aoû - 21:48

Elle avait déjà assez de problèmes comme ça.
Ok, c'était ce qu'il avait répondu avec un soupir. La rousse n'avait pas pensé que cela allait être aussi facile. Même si depuis le début il avait été poli, il avait quand même un côté froid, distant qui était toujours là. Et elle le comprenait. Ils ne se connaissaient que depuis quelques temps, donc théoriquement ils étaient de parfaits inconnus. Alors pourquoi l'aider? Le jeune homme pouvait très bien refuser, mais il acceptait tout. Absolument tout. Et ça, elle ne comprenait pas. Mais d'un côté ça l'arrangeait. Comme ça elle n'avait pas besoin d'insister et puis elle pourrait se battre contre un être vivant, un cerveau, un corps mobile offensif et défensif et non un vulgaire sac dénué de vie et de réaction. Mais quand même, c'était assez amusant de voir qu'elle tournure la situation avait pris. Elle était contente... sans pour autant le montrer. Qu'est-ce qu'il penserait? Que mademoiselle sursaute à chaque fois qu'on lui dit oui? Non, il fallait garder un certain sérieux, elle a 18 ans maintenant, elle n'est plus une enfant. Et puis "contente" est un bien grand mot. Elle était satisfaite plutôt. Satisfaite d'avoir trouver un professeur, même si elle ne le considérait pas vraiment comme tel. On va dire qu'elle avait trouvé quelqu'un de bien, quelqu'un prêt à aider à tout moment. Car elle savait bien que ce n'était pas ce qu'il avait prévu, qu'il avait peut-être voulu être tranquille et pourtant... Mais elle se méfiait quand même. De toute façon elle ne faisait confiance à personne. C'était comme ça, c'était dans sa nature. Elle avait appris de ses erreurs et ne voulait plus jamais les répéter. Jamais.

« Mais passons un accord. Tu fais ce que je te dis, et les choses s'arrêtent là. Tu ne me poses aucune question, et je ne t'en poserai aucune à mon tour. D'accord ? »

Et c'était justement pour ça. Pourquoi disait-il ça? Brennan n'était pas du genre à poser des questions. Elle n'en posait quasiment jamais car elle savait que ce n'était pas ses affaires et puis la vie des autres ne l'intéressait pas. Elle avait déjà assez de problèmes comme ça. Mais quand même... ce petit bout de phrase "Tu ne me poses aucune question," n'arrivait pas à partir de sa tête. Elle revenait en boucle... Est-ce que Neal avait quelque chose à cacher? Oui, sûrement. Sinon il n'aurait jamais dit ça. Ca elle n'aimait pas. Au lieu de l'écarter de l'envie de lui demander quelque chose il lui avait justement donné la puce à l'oreille. Mais sur quoi? Qu'était sa bête noire?

« ... D'accord. »

Que pouvait-elle répondre d'autre? Rien. Elle avait demandé, il avait accepté, donné ses conditions, donc elle devait tout simplement accepter. Même si sur le coup elle aurait bien voulu éviter la condition et lui poser une question, juste pour voir la réaction. Donc, en bon élève, elle se positionna en face de lui et... ne pu s'empêcher de le regarder avec un air interrogateur. Ce qu'il avait dit la perturbait trop. Beaucoup trop à son goût. Donc oui, elle le regardait. Espérant trouver un indice dans ce visage, un tic de nervosité peut-être, ou alors avoir un super pouvoir et pouvoir lire dans ses pensées. Oui, des fois Brennan rêvait d'avoir des pouvoirs surnaturels, mais c'était souvent de pouvoir voler. De pouvoir s'échapper à tout moment. Oui, c'est ce qu'elle avait souhaité il y a quelques années de cela.
Elle attendit le signal de son adversaire et ils purent commencer l'entrainement. Mais bien rapidement, la rouquine vit qu'elle n'était pas concentrée et donc ça ne servait à rien. Alors elle demanda à ce qu'ils arrêtent, ça n'en valait pas la peine. Elle enleva les gants, défit sa queue de cheval et s'assit en tailleur sur le sol.

« J'peux pas... »


Elle ne pouvait pas rester comme ça. Et aussi stupide qu'était la situation à ses yeux, elle devait lui poser LA question, celle qu'il lui avait défendu de dire... Ou alors simplement essayer de se vider l'esprit?

« Je sais que ça peut paraître débile... Mais depuis tout à l'heure, je ne peux pas m'enlever de la tête ce que tu as dit. Et puis, tu m'as déjà posé une question alors moi j'ai droit à en avoir une aussi. Même si au départ je ne voulais rien te demander. »


Bien. C'était un deal. Vu comme elle l'avait présenté, elle restait en accord avec ce que Neal avait dit, mais pouvait en même temps poser la question qui la rongeait tant on-ne-sait-pas-pourquoi. Elle le regarda, guettant sa réaction, guettant un quelconque signe de perturbation de son calme et sa froideur habituelle. Elle fixa ses yeux noirs, ces yeux étrangement foncés. Elle n'en avait jamais vu des comme ça. Mais elle ne pouvait pas s'étonner, avec ses yeux "rouges" comme le dit tout le monde, on peut dire qu'elle est habituée aux yeux étranges. Mais qu'allait-il répondre? Ça, personne ne le savait à part lui.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Dans la plupart des cas, on se sent seul...   Dim 9 Sep - 16:06

Prendre une décision, faire un choix, et le regretter ensuite. Combien de fois cela m'était-il déjà arrivé ? Un trop grand nombre, à mon goût. Quoique je puisse faire, je finissais toujours par le regretter. Tuer un humain, même pour survivre à cette vie qui ne me convenait absolument pas et que je haissais au plus haut point, réagir dans un excès de colère parfois démesurée alors que la situation ne s'y prêtait guère, tomber amoureux d'une humaine qui, aujourd'hui, n'était à nouveau plus là et qui, cette fois, ne reviendrait sans doute jamais plus, et à présent décider d'aider une autre humaine pour des histoires de vengeance. Du moins de préparation à l'une qui n'était encore qu'hypothétique. Qu'est-ce qui avait franchement bien pu me prendre ? Et se dérober maintenant serait tout bonnement stupide et illogique. J'avais fait un choix, sur un coup de tête sans doute absolument irréfléchi, et voilà où nous en étions à présent. A moins que mes pulsions morbides et sanguinaires n'aient parlées à ma place, ce qui serait sans le moindre doute l'explication la plus logique et la plus probable à mon accord inattendu à cette requête.

Je me raidis instinctivement face à ma réaction, sachant aussitôt combien les choses risquaient d'être bien plus dures que jamais. Mais par dessus tout, cela ne me ressemblait pas. Je n'avais aucune sympathie pour elle car je ne la connaissais absolument pas, et rien ne m'obligeait à lui prêter main forte. L'envie de plaire ou que sais-je n'était pas du tout l'une des inquiétudes qui me poursuivait comme la plupart des gens, ni même ce besoin d'être poli. Je me fichais éperdument depuis toujours de ce que les autres pouvaient bien penser de moi, et ça ne serait pas demain la veille que je commencerai à m'en soucier. Mon masque d'une froideur peu commune ne fit que s'accentuer alors que je fronçai les sourcils, relevant son regard aussi surpris que certainement rassuré. Enfin, c'était la sensation que j'en avais, car seul la rythmicité de ses battements cardiaques pouvaient, chez elle, me permettre de comprendre quelles émotions l'animaient. A vrai dire, certains côté de la jeune fille me rappellaient certains traits de mon caractère, et notamment le fait qu'elle semblait vouloir se protéger des autres en maîtrisant au maximum les apparences qu'elle renvoyait. Peut-être alors était-ce, outre le fait qu'à présent je venais de m'offrir grâce à elle une victime qui me serait à portée de main, un moyen de l'endurcir face à un monde qui semblait l'avoir tant fait souffrir et contre lequel elle était pourtant si faible. Qui sait. Mais loin d'être un bon samaritain, je ne comprenais pas mon choix, et ne préférais peut-être pas le comprendre, me doutant fortement de la raison qui m'avait poussée à accepter. Les temps se faisaient durs dans l'académie, et les élèves se faisaient plus vigileants que jamais avec toutes ces attaques. Et aussi ignoble que cela l'était de le dire, cette Brennan venait de m'offrir d'elle-même la possibilité de goûter au plaisir du sang. Croyant devenir forte grâce à mon aide, elle était aussi mais surtout totalement en proie à mes humeurs. Pourtant je ne souhaitais absolument pas sa mort, bien loin de là. Mais qui sait, combien de fois au juste avais-je perdu le contrôle de mon être ? Je n'en avais aucune idée, et si j'avais tout de même grandi dans un collège peuplé d'humains, il y avait bien des fois où j'avais été à tout moment prêt à réellement craquer. Qui sait, peut-être qu'avec de la chance parviendrai-je à me contenir comme autrefois, bien qu'auparavant, une fois les cours terminés, je pouvais me sustenter autant que je le désirais en sortant. Ici, et enfermé dans ce pensionnat, les choses s'avéraient être incomparablement plus complexes...

En tout cas les choses étaient faites, et je ne pourrais plus revenir en arrière. Il ne me restait donc qu'une et une seule chose à faire : poser des règles immédiatement et sur lesquelles je n'accepterais pas de revenir, qu'elle soit d'accord ou pas. Que je l'aide était une chose, mais il ne fallait pas que cela me mette moi-même en danger. Mon identité raciale était la seule chose qui me restait encore de précieuse à mes yeux, alors il était hors de question qu'elle comme un autre ne la mette en péril. Non seulement elle me garantissait ici une certaine sécurité, mais aussi un calme et une tranquilité que je ne pourrais pas connaître en sentant les regards humains me dévisager avec crainte. Tous les vampires ou presque demeuraient ici particulièrement vigileants, et je me faisais malgré moi déjà bien assez remarqué pour que cela ne s'accentue si quelqu'un venait à découvrir que je n'étais pas comme la plupart des personnes qui résidaient ici.

« Mais passons un accord. Tu fais ce que je te dis, et les choses s'arrêtent là. Tu ne me poses aucune question, et je ne t'en poserai aucune à mon tour. D'accord ? » Lui dis-je sans le moindre détour ni avec particulièrement d'amabilité. J'étais ainsi, et ça ne sera pas demain la veille que cela changera.

Qui n'a jamais de secret dans ce bas-monde, de toute manière ? Je n'étais pas ici pour me faire des connaissances, et encore moins pour sympathiser, alors comme cela les choses seraient directement cadrées. Du moins c'était ce que j'osais espérer, car à vrai dire ma "mise en garde" sembler l'intriguer bien plus qu'autre chose. Mais et alors, que risquais-je au fond ? Mentir était quelque chose qui ne me provoquait pas le moindre état d'âme si je venais à le faire, et puis de toute manière de quoi pourrait-elle se douter ? Que je sois effectivement un vampire ? Je doutais qu'elle n'ose se poser la question. A vrai dire, cela paraitrait totalement absurde. Et qui se douterait franchement que nous existions ? Les vampires ont toujours été considérés comme un mythe, et les seuls humains à connaître réellement la vérité sur notre existence étaient la plupart du temps ceux qui avaient eu le malheur de croiser notre route. Et dans ce cas-là, deux possibilités seulement s'offraient à eux : soit ils devaient à leur tour cacher ce secret qui était dorénavant devenu accidentellement le leur, soit ils n'étaient tout simplement plus de ce monde pour le raconter.

« ... D'accord. » Me répondit-elle simplement.

Bien. Alors les choses étaient dites, et il n'y aurait rien à ajouter à cela. Je pris alors la cible de main qui était placée auprès du punching-ball, mais me figeai soudain lorsque la jeune fille se plaça face à moi. Les sourcils légèrement froncés tandis que je relevai lentement mon regard d'ébène vers elle, je croisai son regard interrogateur auquel je répondais par un air légèrement farouche et teinté de défi.

« Un problème ? Bon, alors on s'y met. » Lui dis-je sèchement.

Je plaçai le gant orné d'une cible autour de la main, et lui expliquai que nous allions débuter par cet exercice où elle devrait asseignir un coup de poing sur cette cible pour travailler sa posture dans un premier temps. Enchaînant les coups tandis que je lui faisais quelques critiques agrémentaient de conseil, Brennan s'arrêta toutefois soudainement, à mon étonnement. Elle retira alors ses gants et défit l'élastique qui retenait jusqu'à présent ses cheveux en une queue de cheval, avant de s'asseoir à même le sol.

« C'est quoi le problème ? » Lui demandais-je, quelque peu agacé.

« J'peux pas... » Me répondit-elle.

Mais qu'est-ce qu'elle racontait... ? Je lâchais alors un soupir et retira mon gant que je reposais à l'endroit où je venais de le prendre. Là, je hochais la tête d'un air de dire que je l'écoutais, les bras croisés sur le torse.

« Je sais que ça peut paraître débile... Mais depuis tout à l'heure, je ne peux pas m'enlever de la tête ce que tu as dit. Et puis, tu m'as déjà posé une question alors moi j'ai droit à en avoir une aussi. Même si au départ je ne voulais rien te demander. »

Ceci dit, elle releva ses yeux rouges vers moi, relevant mon regard qui la dévisageait avec perplexité et, surtout, de la méfiance. Qu'allait-elle bien vouloir me demander encore ? En tout cas, quelque soit sa question à mon égard la perspective-même qu'elle puisse vouloir m'interroger me déplaisait fortement. Parler et me montrer à peu prêt sociable me demandait déjà un certain effort, alors commencer à aborder les genres de sujets qui me touchaient plus personnellement me déplaisait plus qu'autre chose. Seulement je savais également qu'il en était de même pour elle, et je ne pouvais pas non plus dire que la question que je lui avais posée quelques instants plus tôt était particulièrement évidente non plus. Un soupir s'échappa alors d'entre mes lèvres fines, et je me résolus à lui répondre :

« Si tu y tiens tant... Qu'est-ce que tu veux savoir ? » Lui demandais-je, sentant déjà que j'allais profondément le regretter...


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